19 renvois : Face à ce procès kafkaïen, l’un des conseils de Paul Chouta l’invite à ne plus comparaitre

Après un 19 renvois, l’un des conseils de Paul Chouta, Me Christian Timbane, invite le lanceur d’alertes Paul Chouta, dans un texte publié ce 4 décembre, à ne comparaitra devant le tribunal.

 

Je demande solennellement à Paul Chouta de ne plus comparaître devant le tribunal de première instance de Yaoundé.

Chers camerounais,

Je suis très en colère. C’est inadmissible, voire intolérable ce qui s’est passé ce soir au tribunal de première instance de Yaoundé relativement à l’affaire Chouta. L’affaire Chouta  a été appelée pour la 25 ème fois ce soir, à la suite de 19 renvois. Ayant constaté que le dossier Beyala est  juridiquement vide, le tribunal a décidé cette fois-ci  de juger Paul CHOUTA pour une affaire dont il n’a jamais été entendue et dont il ignorait jusqu’à présent l’existence.

On lui a fait part de ce  qu’il y avait une autre plainte jointe au dossier de Beyala et  provenant d’un certain Koulou Engoulou Lilian.  Je voudrais appeler ici tous les juristes du Cameroun de nous dire, s’il est possible qu’une plainte atterrisse  directement  devant le juge sans passer  par la procédure dite de citation directe.

Quand il y a une plainte, qu’elle soit  diligentée en procédure de flagrant délit ou en instruction la personne poursuivie  est formellement et respectivement  inculpée par procureur de la République ou le juge d’instruction qui rend une ordonnance de renvoi devant le juge.

Depuis o1 an et demi, notre compatriote Paul Chouta, est poursuivi et tout le monde le sait, pour une affaire l’opposant à Calixte Beyala. Comment se fait-il qu’étant poursuivi dans le cadre de cette affaire, le tribunal décide de le juger dans la même affaire, dans une affaire.

Du jamais vu.  Y a t- il une connexité entre la plainte de  Koulou Engoulou et celle de Calixte Beyala ? Je voudrais rappeler ici qu’il y a connexité dans une affaire lorsque les faits sont indivisibles c’est-à-dire qu’on ne peut juger l’une sans l’autre.

Or il se trouve que dans un même dossier, il y a  deux plaintes dont les faits n’ont rien de commun. La procédure voudrait donc qu’on ouvrît une autre affaire. Rien n’interdit qu’une personne ne fasse l’objet de plusieurs procédures.  Jamais un tel abus procédural n’a été constaté de mémoire d’Avocat au Cameroun.  Qu’est devenue la justice du Cameroun?

Plus est, en l’absence de ses Avocats qui observent le mouvement de suspension de robes, le ministère public a insisté qu’il soit jugé sur la base de cette pseudo plainte attachée à celle de Beyala. Il a fallu l’esprit déterminé de Paul Chouta et des désapprobations du public qui était dans la salle pour que cette affaire soit renvoyée. Je demande donc solennellement à la famille de Paul Chouta et à ses Avocats de lui transmettre mon message selon lequel qu’il ne se présente plus devant cette pantalonnade de justice.

Que ces juges le condamnent en son absence. J’ai pris ma décision, je vais prendre un jeûn de prières et cette affaire sera réglée au ciel. Ou  je suis serviteur du Dieu de justice  ou je ne le suis pas. À ces magistrats qui veulent condamner Paul Chouta, par tous les moyens, condamnez-le, vous serez nommés !

Christian Ntimbane Bomo

Société Civile Critique