Vingt-deux juniors entreprises issues des structures d’incubation des universités d’État et grandes écoles bénéficieront d’une subvention globale de 420 millions de FCFA. L’annonce a été faite le 5 novembre 2025 dans un communiqué conjoint signé par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, et le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III.
Les projets sélectionnés couvrent principalement l’agro-industrie, l’agroalimentaire, le numérique, les services, les BTP, la filière forêts-bois et l’industrie manufacturière. Cette initiative vise à encourager la dynamique entrepreneuriale sur les campus et à accompagner les lauréats de la 7e édition du Salon du génie et du talent de l’étudiant camerounais (Getec), organisé en juin dernier à Yaoundé.
Le comité de sélection, qui a siégé les 30 et 31 octobre ainsi que le 3 novembre, a examiné 33 dossiers transmis par le ministère de l’Enseignement supérieur. Au terme de ses travaux, 22 projets ont obtenu un avis favorable. Les lauréats bénéficieront d’un appui financier et d’un accompagnement technique afin de renforcer la viabilité de leurs entreprises et de favoriser la création d’emplois durables.
Avant tout décaissement, chaque bénéficiaire devra signer un cahier de charges définissant les conditions d’utilisation des fonds, les modalités de contrôle et les mécanismes de suivi-évaluation. Les deux ministères annoncent également la mise en place de contrôles réguliers pour s’assurer d’une gestion conforme de ces ressources publiques.
Cette mesure s’inscrit dans la politique gouvernementale de promotion de l’entrepreneuriat étudiant, qui vise à transformer les universités camerounaises en véritables pôles d’innovation. Les incubateurs universitaires permettent aux étudiants porteurs de projets d’acquérir les compétences nécessaires à leur insertion professionnelle, que ce soit par l’auto-emploi ou la création d’entreprise.
Le contexte reste préoccupant : selon l’Institut national de la statistique, le taux de chômage chez les jeunes diplômés atteignait 14,8 % en 2023, contre seulement 3 % chez les non-scolarisés. Ce déséquilibre illustre la nécessité d’adapter les formations aux réalités du marché du travail, encore largement dominé par l’informel.
Dans son message à la jeunesse le 11 février 2024, le président Paul Biya avait exhorté les jeunes à saisir les opportunités offertes par des secteurs porteurs comme l’agropastoral et le numérique, tout en rappelant que la Fonction publique ne pouvait absorber tous les diplômés. Il avait alors invité la jeunesse à « oser entreprendre » et à faire preuve de créativité pour construire son avenir professionnel.



