À quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, la candidature d’Issa Tchiroma Bakary est rattrapée par une vieille affaire judiciaire. L’ancien ministre des Transports, aujourd’hui à la tête du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), se retrouve une nouvelle fois associé au dossier dit des « millions de la Camair », un contentieux vieux de trois décennies qui revient hanter l’ancien serviteur du régime de Paul Biya
En effet, dans les années 1990, la Cameroon Airlines (Camair) avait signé un contrat de maintenance avec la compagnie sud-africaine SAA. Cette convention, rapidement entachée de soupçons de corruption et de commissions occultes, avait conduit à une rupture suivie de longues procédures judiciaires internationales. Le Cameroun avait fini par obtenir une indemnisation, mais certaines rumeurs avaient persisté : des responsables, dont Issa Tchiroma alors ministre de tutelle, auraient bénéficié de rétrocommissions, indique Jeune Afrique dans un article publié sur son site internet.
Des accusations que Tchiroma rejette
Aujourd’hui âgé de 78 ans, le candidat du FSNC balaie les accusations et y voit une manœuvre politique. Pour lui, la réactivation de ce dossier vise à sanctionner sa récente démission du gouvernement et son choix d’entrer dans la compétition présidentielle.
« C’est un vieux litige qu’on ressort régulièrement contre moi. Je suis prêt à répondre, car je sais que je n’ai rien à me reprocher », affirme-t-il.
Une boîte de Pandore judiciaire
L’affaire Camair n’est pas seulement une question d’argent volatilisé ou de commissions. Elle cristallise aussi des rivalités politiques et des règlements de compte entre différents clans du pouvoir. Au fil des années, le dossier a servi de levier pour affaiblir certains acteurs et en protéger d’autres. Sa résurgence à la veille d’une élection capitale ne surprend donc pas les observateurs.





