Mathieu Nathanaël NJOG, journaliste questionne à travers cette analyse le flou qui existe sur la véritable somme des émoluments percus par le technicien camerounais.
C’est bien de célébrer la nationalisation du banc de touche et des résultats qui suivent avec un brin de satisfaction. Mais, il faut aussi exiger de la bonne gouvernance. On ne va pas perdurer dans les schémas. Depuis la nomination du nouveau staff technique des Lions indomptables la presse scrute chaque jour de voir la cérémonie de signature du contrat entre l’employeur et l’employé principal. Rien!
Elle attend qu’on dévoile les salaires des membres qui est un exercice banal dans le monde du sport où cela n’a rien de tabou. Toujours rien! Si une certaine presse avait tiré la sonnette d’alerte, on l’aurait traité de tous les noms et l’aurait accusée de vouloir déstabiliser la tanière des Lions avant la CAN 2025. Mais les laudateurs de cette décision de nationalisation du banc de touche ont vite fait de surfer sur le salaire de l’entraîneur sélectionneur précédent, Marc Brys en mettant un accent sur des accusations fallacieuses et péremptoires sur de potentielles retrocommissions que toucheraient le Ministre des Sport et de l’Education Physique.
Curieusement, aucun de ces pourfendeurs ne parlent du salaire de David Pagou et Cie. Pourquoi ce silence? Voilà que les bookmakers ont publié les salaires des entraîneurs des sélections huppées de cette CAN 2025. Il y a un seul qui manque à l’appel. Celui du sélectionneur du Cameroun, David Pagou. Si ces fins limiers n’ont pas pu avoir la moindre information sur le sujet, c’est certainement qu’il n’existe pas. On serait alors dans un schéma.
La Fecafoot étant dans une tension de trésorerie et ne pouvant pas encore faire supporter les charges financières du nouveau staff technique des Lions indomptables au gouvernement camerounais, au regard des circonstances de cette nomination aux allures de défiance vis à vis du ministère de tutelle, les membres de l’encadrement technique auraient accepté le challenge d’aller à la CAN 2025 en se contentant de la primes de participation 60 millions FCFA, la prime olympique, des primes de matches et autres subsides officiels et officieux.
Ainsi la question de salaires et des contrats seraient évoqués au retour avec l’espoir que le gouvernement soit contraint de payer les arriérés soit sur la base des salaires perçus sous Marc Brys pour ceux qui étaient dans son staff, soit sur la base des nouveaux contrats qui ne seront signés qu’après la CAN. Ce qui serait alors un poker dans lequel les deux parties ont accepté de se lancer.
D’emblée pour David Pagou et les membres de son staff, la chance en valait la chandelle même à un francs symbolique. Car c’était déjà un honneur inouï de conduire les Lions indomptables à une CAN. Ce qui boosterait le CV de chacun et pourquoi pas leur permettrait d’entrer dans les arcanes de l’histoire de l’équipe nationale du Cameroun et même du football africain. Et d’autre part, si le miracle venait à se produire et que les Lions indomptables réalisent un parcours des plus honorables comme cela se dessine, en se retrouvant dans le dernier carré, monter sur le podium ou alors atteindre le Graal, ce serait alors la totale.
Une reconnaissance nationale et le gouvernement sera obligé de les traiter avec beaucoup plus d’égards. Mais en attendant. Cela n’enlève rien que nous sommes en plein dans un schéma. Travailler dans contrat et sans salaire serait tout simplement une duperie. Ce n’est possible qu’au Cameroun.
Mathieu Nathanaël NJOG
Senior Journalist
La sentinelle du peuple





