Elections locales 2026 :La real politik selon Eric Boniface Tchouakeu

Dans son éditorial, le journaliste revient sur le glissement de date des législatives et municipales de cette année par le président de la république.  

Dans son traditionnel message à ses jeunes compatriotes ,comme c’est toujours le cas les 10 février de chaque année , en prélude à la célébration le lendemain de la fête nationale de la jeunesse, le Président de la République, évoquant cette année des opportunités d’emploi pour cette couche majoritaire de la population, y compris dans les hautes sphères de l’Etat, a laissé entendre que le calendrier des législatives et des municipales connaîtra un nouveau glissement.

« Diverses opportunités me viennent à l’esprit à cet égard : le renouvellement, en préparation, des dirigeants des sociétés d’Etat, la formation du prochain gouvernement qui, je le sais, est très attendue, mais aussi la tenue des élections législatives et municipales. Même si le calendrier afférent à ces dernières devrait, au vu de certaines contraintes impérieuses, connaître un léger réajustement, dans le respect des dispositions pertinentes de nos lois, et tout particulièrement de la Loi fondamentale », a annoncé en substance Paul Biya.

Alors que les législatives et les municipales étaient initialement prévues en février 2025, le mandat des députés et des conseillers municipaux étant de cinq (05) ans, ces élections avaient été repoussé d’au moins un an.

Ainsi le mandat des députés qui aurait dû s’achever le 10 mars 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026, et celui des conseillers municipaux qui devait prendre fin le 25 février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mai 2026.

Selon le code électoral, le Président de la République peut proroger jusqu’à 18 mois le mandat des conseillers municipaux.

Ce qui signifie que Paul Biya peut encore leur octroyer trois (03) mois supplémentaires, après la première prorogation de quinze (15) mois de leur mandat.

S’agissant du mandat des députés, la constitution dispose qu’ « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent, sans aucune précision concernant les dites circonstances, le Président de la République peut demander à l’Assemblée Nationale de proroger ou d’abréger le mandat des députés à travers une loi. » Il n’y a à ce niveau, aucune limitation relativement au nombre  et à la durée de la prorogation.

En attendant de savoir comment va effectivement se matérialiser « le réajustement » du calendrier des futures législatives et municipales annoncées par Paul Biya, il convient de relever la question de la détermination du calendrier électoral , fait partie des points de désaccords entre le pouvoir et les acteurs de l’opposition, qui pour certains parlent souvent de la  consécration d’une ‘fraude pré-électorale légale » , au profit du régime en place , à travers ce qu’ils considèrent comme « une confiscation du calendrier électoral »par le camp présidentiel.

S’agissant des « contraintes impérieuses », qui sont à l’origine du nouveau report, même si on les ignore encore de manière précise, on peut imaginer que les tensions post-électorales consécutives à la présidentielle du 12 octobre 2025, dont les stigmates sont encore visibles, y sont pour quelque chose, quoi que l’on dise.

Il est difficile d’envisager dans le contexte sociopolitique actuel, l’organisation des élections au suffrage universel direct,  avec les mêmes règles en vigueur lors des scrutins précédents qui ont débouché sur des crises post-électorales, en espérant qu’elles vont contribuer à  la pacification des rapports sociaux, qui est l’une des fonctions fondamentales des élections.

Devant cette réalité, apparaissent comme subsidiaire, d’autres raisons évoquées par certains analystes  pour expliquer le nouveau décalage des élections attendues liées, notamment au financement des législatives et  des municipales en pleine limitation des ressources de l’Etat, ou de l’impréparation supposée ou réelle du parti au pouvoir, qui aurait besoin de plus de temps pour gérer les éventuelles frondes internes qui découleraient des investitures de ces candidats, ou qui aurait peur de subir un important recul électoral proportionnellement au score obtenu par son candidat à la dernière présidentielle , qui est parti de 71% en 2018 à 53% en 2025 d’après les chiffres officiels.

 

 

 

 

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