Pour l’observateur de la politique africaine Ousmanou Magadji lorsqu’un militaire ou un civil chasse un autre du pouvoir ; il fait toujours des promesses fallacieuses à ses populations.
L’éternelle amnésie collective des peuples africains : coupables de leurs déboires
Nkovo’os, Ebolowa-Cameroun, le 18 février 2026,
C’est l’éternel recommencement: chaque fois qu’un militaire ou un civil en chasse un autre du pouvoir, il promet monts et merveilles. Il jure d’être l’opposé de son prédécesseur, de se battre pour le progrès et le bien-être de son peuple. Et le peuple, amnésique, le croit toujours.
Il oublie que celui qui avait chassé le précédent avait fait les mêmes promesses avant de changer du jour au lendemain. Ayant pris goût au pouvoir et à l’argent, ce dernier s’était enrichi et avait décidé de s’y accrocher. La promesse de transition n’est alors plus d’actualité. Voilà qu’un dictateur s’installe, s’enrichit et ne fait rien pour les siens, trahissant chaque engagement pris avec gravité et solennité devant Dieu et les hommes.
Quand le peuple s’impatiente et commence à se poser des questions, à se plaindre ou à manifester son mécontentement, c’est l’oppression qui répond. Très vite, on s’empresse d’accuser « le Blanc » ou l’Occident, ces éternels boucs émissaires. Ce serait la faute de l’Occident qui pille les ressources naturelles, vole et COMPLOTE contre le pays. Pendant ce temps, les comptes en banque des dirigeants gonflent ; leurs proches s’enrichissent au détriment de la population et des promesses trahies. La dictature s’enracine, le népotisme s’installe et les voix dissidentes sont étouffées.
Le « sauveur » devient le spoliateur et le bourreau.
Aujourd’hui, c’est Tiani au Niger, Goita au Mali ou Traoré au Burkina Faso. Ce dernier, Ibrahima Traoré, semble faire la différence, mais bientôt, il se prendra pour la Providence elle-même, se croira indispensable à la marche de son pays. Attendez de voir.
Depuis les indépendances des pays Africains, le même schéma se répète, les mêmes méthodes éprouvées qui se répètent dans un cycle sans fin de coups d’État.
Le vrai coupable ici, c’est le peuple qui exalte et acclame chaque nouveau venu, lui accordant une confiance aveugle, exactement comme il l’avait fait pour le précédent. Éternellement, ces dirigeants putschistes finissent par devenir des oppresseurs.
Ces peuples semblent dépourvus de mémoire. Dès qu’un dictateur est renversé, les voilà qui applaudissent le nouveau « messie », celui qui a chassé le bourreau, mais qui se transformera immuablement en tyran sous peu. C’est à croire que ces populations n’ont pas une once de mémoire, ou tout simplement plus de discernement. Être trompé systématiquement et tomber sans cesse dans le même piège est tout simplement incompréhensible.
Goïta au Mali, Doumbouya en Guinée-Conakry et Traoré au Burkina finiront en dictateurs et seront chassés comme ils ont chassé leurs prédécesseurs. Le peuple est le premier coupable : c’est lui qui offre un chèque en blanc à chaque nouvel arrivant.





