Dans cette sortie du journaliste sportif Martin Camus Mimb, il félicite le retour de Francis Ngannou au MMA avec son KO infligé au brésilien Philipe Lins et salue part la meme occasion la vista économique de ce dernier.
« NGANNOU : LE VRAI COUP SOUS LE SABLE
Le problème avec les génies, c’est qu’ils rendent simple et évident, ce qui est pourtant très complexe. La facilité avec laquelle ils se débarrassent de leurs adversaires ou exécutent un dribble, peut parfois donner l’impression, qu’il s’agissait d’une simple formalité. Et pourtant… Mais plus que la force de Ngannou, c’est la justesse de ses choix économiques et stratégiques qui est bluffante. Il sait d’où il vient. Au creux de la misère. Il connaît les réalités du sport de haut niveau et chacun de ses choix discutable au moment où il les opère, ont fini par être des coups de maîtres. Ses muscles sont gonflés d’une bluffante sagesse, en tout cas très rare chez les sportifs africains, soumis aux caprices d’un milieu qu’ils semblent ne pas connaître.
Quand Francis N’Gannou décide de quitter l’UFC, tout le monde lui prédit un avenir en pointillé. Parce que jusque-là, l’UFC était à la MMA, ce que la FIFA est au football. Un géant qu’on ne doit pas affronter avec les mains nues, pour ses réseaux et ses ramifications. Sauf que Ngannou lit avant beaucoup, la fin de cette hégémonie qui du reste était adossée aux combattants qu’ils sont. Il sait qu’il est la ressource et c’est lui qui influence le marché. C’est osé ! La PFL où il atterrit est un bébé prématuré et lui devient la couveuse. Il accélère sa visibilité, se positionne pas simplement comme combattant, mais comme partenaire. Il fait cependant une lecture simple.
Aussi spectaculaire qu’est la MMA, elle manque de ressources de haut niveau. Il fonce vers la boxe anglaise. Il affronte deux des meilleurs dans le couloir : Tyson Fury et Antony Joshua. Le challenge n’est pas sportif, il est stratégique. Il devient un produit qui règne sur le marché de la MMA et grignote des parts de marché sur celui de la Boxe anglaise. Son ombre devient incontournable. Entre publicités et cinéma, il assure ses arrières. Même la décision d’avoir Mike Tyson par exemple comme entraîneur était plus stratégique que sportive. Il est adoubé par les plus grands.
Ngannou ne fait les combats que sur des supports de diffusion qui brassent des millions de dollars. Dazn, et maintenant Netflix, et autres Pay Per View aux États-Unis. Ce garçon qui n’a pourtant pas la réputation d’être académicien, fait preuve d’une sagesse économique au dessus de la moyenne. Quand il a réalisé que la PFL devenait un poids, une charge, il l’a déposé, dans un timing parfait et une déconcertante lucidité. Il ne veut pas plaire. Il veut se sécuriser. Il bâti une forteresse financière, pour éviter une fin mouvante comme du sable, même s’il vient de Batié. C’est la gauche la plus rapide de sa carrière ! »
Martin Camus MIMB





