À Zoétélé, dans la région du Sud, l’horreur d’un crime d’une rare cruauté continue d’alimenter colère, peur et tensions communautaires. Depuis la découverte du corps sans vie de Marie Patience Dikamba, 40 ans, la ville vit au rythme des soupçons, des accusations et des violences.
Le lundi 30 mars 2026, aux premières heures de la matinée, un riverain fait une découverte macabre dans une broussaille située à Bibae, derrière la mairie de Zoétélé : le corps d’une femme gît au sol, atrocement mutilé. La victime est rapidement identifiée. Il s’agit de Marie Patience Dikamba, célibataire et sans enfants, installée à Ebolowa mais originaire de Minkoumou dans le groupement Mvog Mezang.
Selon plusieurs témoignages, la quadragénaire était revenue au village le 28 mars pour prendre part aux obsèques d’un proche à Abangok. Après les funérailles, elle aurait quitté les lieux pour regagner la résidence familiale située à Bibae. Elle n’y parviendra jamais.
Les premières constatations dressent le tableau d’un véritable supplice. Égorgée, portant des traces de brûlures et de sévices corporels d’une extrême violence, la victime aurait également subi des violences sexuelles particulièrement barbares. Les soupçons évoquent un enlèvement suivi d’une séquestration, avant qu’elle ne soit tuée dans la nuit du 28 au 29 mars.
Alertées, les forces de l’ordre bouclent immédiatement la zone et ouvrent une enquête. La dépouille est transférée à la morgue de l’Hôpital de district de Zoétélé tandis que les investigations s’accélèrent.
Quelques jours plus tard, trois suspects sont interpellés puis placés en garde à vue au commissariat de sécurité publique de Zoétélé. Parmi eux figurent Flavien Nziko Kamdem, présenté comme propriétaire du commerce « Inter Espace », son chauffeur ainsi qu’un veilleur de nuit.

Mais l’affaire va rapidement prendre une tournure explosive. Transférés à Sangmélima pour la suite de la procédure, les suspects sont finalement remis en liberté sur décision du procureur, pour « faits non établis ». Une décision qui s’appuie notamment sur des conclusions médicales de l’hôpital de district de Zoétélé évoquant une « mort accidentelle ».
Dans la ville, l’incompréhension laisse aussitôt place à la colère. Notables, gardiens de la tradition et habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative d’étouffement de l’affaire. Des accusations de corruption visant certaines autorités judiciaires commencent alors à circuler avec insistance.
Très vite, la tension dégénère. Des commerces sont vandalisés, des allogènes pris à partie et plusieurs actes de représailles éclatent dans la localité. Le climat devient insurrectionnel, poussant les Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) à intervenir pour éviter l’embrasement total de la ville. Au moins une trentaine de personnes seront interpellées au cours des violences.
Si le calme est progressivement revenu dans certains quartiers grâce au déploiement sécuritaire, la psychose reste palpable à Zoétélé. Entre douleur, colère et défiance envers la justice, une partie de la population exige désormais que toute la lumière soit faite sur la mort de Marie Patience Dikamba et que les véritables auteurs de ce crime soient identifiés et punis.





