Dans cette sortie très remarquée de l’universitaire et vice-président du Social democratic front (Sdf) Louis Marie Kakdeu, il revient sur l’action de Souley Onohiolo, journaliste de Le Messager.
Je n’ai pas vécu le renoncement de Big Soul avec enthousiasme. J’indiquais hier que le régime gouvernait pas usure ou par épuisement mental. Big Soul n’a même pas tenu un an. Il a déclaré : « Je tourne la page ». Il a abandonné. C’est son droit.
Mon problème est que les spectateurs de la scène politique camerounaise ne mesurent jamais combien il est difficile de porter une cause militante dans ce pays. Avec beaucoup de légèreté, on vous accuse de tous les maux et on vous fait des leçons de morale. J’observe que tous celles et ceux qui s’y frottent finissent toujours par abandonner de façon précoce. Big Soul dit qu’il n’aurait pas pu tenir plus de deux semaines de grève de la faim. Je vous rappelle que beaucoup de nos militants vivent dans la répression et l’épuisement mental depuis les années 1990. Et elles ou ils ne lâchent pas. Personne ne les met en lumière, mais ils ou elles sont là.
Je respecte le choix de Big Soul et de ceux qui l’ont accompagné. Et je voudrais qu’à partir de maintenant, vous ayez beaucoup de respect pour ces personnes qui maintiennent le flambeau allumé depuis 36 ans malgré l’épuisement total. Je connais beaucoup de leaders politiques qui se sont beaucoup agités ces dernières années, qui étaient imbus d’eux-mêmes et qui sont déjà épuisés. Apprenons à respecter les autres !
Le respect est le mot d’ordre. C’est facile d’être toujours du côté de celles et ceux qui critiquent en permanence et qui donnent des leçons. Mais, c’est très très difficile d’être du côté de celles et ceux qui agissent et qui prennent des coups.
Ayons du respect pour les militants !
LMK





