« Tu as franchi la ligne rouge » : Jean Claude Mbede Fouda interpelle Eto’o dans une lettre ouverte

Dans une lettre ouverte adressée à Samuel Eto’o, Jean Claude Mbede Fouda accuse le président de la FECAFOOT d’avoir franchi « la ligne rouge » en s’en prenant à sa mère et à sa famille. Il dénonce des méthodes qu’il qualifie de « mafieuses » et affirme qu’il répondra désormais coup pour coup.

Lettre ouverte à Eto’o Fils, ce minable aux méthodes villageoises et de voyou aux pratiques mafieuses

Alors que je me trouvais en vacances, j’ai reçu plusieurs messages d’alerte. Des photos circulaient sur la toile, publiées par l’un de tes bras armés — de ceux qui signent tes basses besognes pour te protéger des poursuites. Ce dernier prétendait avoir traqué ma mère jusqu’à son lieu de vie, brandissant la photo d’une cabane pour faire croire que ma famille vit dans la misère.

Je n’ai pas reconnu cette bâtisse. Serait-ce parce que je n’ai pas mis les pieds au Cameroun depuis 20 ans ?

Mais au-delà de la moquerie évidente envers la pauvreté de nos compatriotes qui y vivent, un mot a franchi la ligne rouge : MA MAMAN. C’est le fait que tu décides de t’attaquer à ma famille pour combler le vide de ta vacuité intérieure qui m’impose de te répondre.

Le constat est pourtant simple : je parle de football et de ta gestion calamiteuse ; toi et tes sbires, vous parlez de ma personne et de ma famille.

Après deux années en Europe, ma mère a décidé de retourner au Cameroun. Elle est nantie de son titre de séjour en tant que maman d’un citoyen européen. Je n’accepterai pas qu’une personne, au nom de la politique, perturbe sa quiétude.

Ma mère que tu vois là, en photo devant ma maison que tu connais en banlieue de Milan — à proximité du centre sportif de l’Inter Milan où tu t’entraînais —, a élevé 7 enfants et plusieurs membres de la grande famille africaine avec un salaire de 25 000 francs. Nous n’avons pas peur de la pauvreté. Car, tout est vanité.

J’aurais pu te répondre hier, mais j’ai laissé les bienpensants de Facebook réagir, pour voir s’ils allaient te rappeler que même la politique a une éthique. Et que, comme des militaires, nous avons le devoir de ne pas inclure les familles dans les débats politiques.

Je me suis imposé cette clause morale depuis des années que tu me combats de nuit comme de jour, pour des raisons que tu connais bien et que je vais te rappeler dans le « portrait d’un parvenu » qui va suivre.

J’ai eu la naïveté de croire que tu n’allais jamais t’attaquer à ma famille. J’oubliais que tu étais déjà allé menacer une femme pour t’avoir critiqué sur ta gestion calamiteuse — la pire jamais connue. Ce sont là des méthodes de voyou et de mafieux héritées de ton quartier de New Bell, reconnu pour abriter la prison des plus grands bandits du pays.

Pour la première fois, je ne te parlerai donc pas de ta gestion calamiteuse du football. Puisque le Rubicon a été franchi, la riposte sera à la mesure de l’agression.

Il y a deux semaines, c’est mon épouse, résidente au Luxembourg — première économie mondiale par habitant —, qui était attaquée par ta meute financée par les fonds de la FECAFOOT. Cette même fédération pourtant incapable de payer les arbitres et les clubs.

Pendant que les légendes du sport et du show-biz se mobilisent pour tirer leur pays vers le haut, tu as décidé d’esclavagiser la jeunesse et ton pays, que tu humilies depuis des années dans ta course effrénée et folle visant à satisfaire un vide de gloire et des frustrations intérieures. Combien de jeunes ont fait de la prison sans avoir enfreint aucune règle pénale, simplement parce que tu voulais expérimenter ton statut de riche ? Combien de talents as-tu déjà détruits ?

Il faut dire que je t’ai pris trop au sérieux, en pensant que le débat politico-sportif allait rester au niveau des idées. Mais j’ai oublié que tu n’as rien dans la tête pour réfléchir. En y réfléchissant bien, tu as envoyé Armand Noutack (un enseignant vacataire du collectif OTS), dont le dossier pour le Canada, encore en cours, a déjà débouché sur plusieurs échecs.

L’année dernière, Armand Noutack II m’avait contacté pour lui donner un million de francs. Il me disait alors que, en tant qu’acteur de la « renaissance » et du « changement », il ne voyait plus son avenir en rose au Cameroun. Il fallait que je l’aide.

Alors qu’il voit les portes du Canada se rétrécir chaque jour davantage, il s’est désespérément jeté dans tes bras lorsqu’il a appris que tu utilisais l’argent de la FECAFOOT pour de basses besognes. Et avec tes méthodes de voyou, tu en as profité pour l’exploiter en lui offrant un simulacre de voyage avec l’équipe nationale des U17 non scolarisés, sous le prétexte d’un suivi scolaire sans le moindre accord des assistants sociaux.

Voilà à quoi tu es réduit en tant que légende. Voilà l’unique service que tu rends à la jeunesse de ton pays : la galvauder à ton service.

Je considère donc naturellement Armand Noutack comme une victime. Victime d’une société qui affame ses enfants, et victime d’une prétendue légende du football qui utilise l’argent de la FECAFOOT pour amener ses jeunes compatriotes à commettre de basses besognes à sa place, contre de maigres avantages.

Plusieurs de tes anciens soutiens ont trouvé refuge au Canada. J’espère que tu aideras Noutack à y trouver sa place. Sinon, il faudra t’accorder à ce qu’il se jette dans les bras d’un autre qui lui aura promis un peu d’argent pour réaliser son rêve canadien. Souviens-toi surtout que Noutack fut un activiste farouche et dynamique du changement. Mais il a troqué cela contre un simple voyage au Maroc.

Le crime que vous avez commis tous les deux demeure. Ce n’est pas la photo d’une maison qui pose problème, c’est le fait qu’il ait déclaré publiquement être aux trousses de ma famille.

Puisque c’est Noutack que tu as envoyé, je poste une photo de ma mère en Europe. Je défie Noutack de poster celle de sa mère même à la Poste centrale de Yaoundé — si tant est qu’elle y ait déjà mis les pieds un jour ou qu’il nous poste une photo d’elle, ne serait-ce qu’au Gabon voisin. S’il réussit, je lui offre un voyage tout payé pour l’Europe, et peut-être qu’il pourra y rester, à défaut de réaliser son rêve canadien.

Limité dans ta réflexion, tu as pensé que ce serait une façon de faire pression sur ma personne en faisant croire à ma famille qu’elle est en danger à cause de mes opinions, tout cela pour essayer de me faire taire.

Mon cher voyou Eto’o, même en politique, il y a une éthique.

Est-ce que c’est ma mère qui m’envoie écrire pour dénoncer la destruction de notre football et son usage politique par le clan de Chantal Biya et Baboke qui t’ont placé là sans aucun un mérite pour diviser les camerounais??

D’autre part, je me réjouis qu’Armand Noutack ait écrit publiquement qu’il traquait ma famille. Maintenant, je sais que vous êtes à leurs trousses et je sais déjà à qui m’adresser en cas de problème.

La famille de Martinez Zogo a fait confiance à la justice ; moi, je n’aurai pas leur patience. Je vais rendre coup pour coup et, au Cameroun, seul Paul Biya est en sécurité… relative !

On n’a pas besoin d’être un milliardaire endetté, condamné pour fraude fiscale à deux années de prison ferme, pour venger sa famille.

Ma mère et les valeurs »

Maintenant, je vais te parler de ma MÈRE que vous attaquez. Sa seule faute est de m’avoir inculqué des valeurs. Vous vous en prenez à elle parce qu’elle m’a appris à aimer la justice même dans la pauvreté. Vous vous en prenez à elle parce qu’elle m’a appris à être honnête et à ne jamais être un parvenu.

À ce sujet, je t’invite à lire ce portrait de ce que peut être un parvenu. Toute ressemblance avec des individus ou des faits existants, ayant existé ou auxquels tu pourrais t’identifier, ne serait que pure coïncidence.

Il y avait, dans un certain pays, une famille. Le père était au chômage et la mère vendait du poisson et des bâtons de manioc au bord de la route. Pour changer de condition, la famille décida d’investir sur la carrière sportive de son enfant. Ils s’informèrent sur les conditions requises pour atteindre les sommets et les acceptèrent, malgré ce que cela comportait de plus sombre.

Le jeune commença sa carrière et paya de son propre corps — par des rapports sexuels contre-nature — pour satisfaire aux premières exigences d’un monde impitoyable pour ceux qui veulent s’enrichir et acquérir la célébrité. Au fur et à mesure de son ascension, il dut franchir de nouvelles étapes.

On lui imposa alors de faire la même chose avec ses propres frères, et vice-versa.

Puis, arrivèrent les premiers signes de son « succès ». On lui répéta que c’était la seule voie pour réussir et qu’il était sur le bon chemin. Il eut les mêmes rapports avec ses oncles, puis avec son propre père, et enfin avec sa mère. Il coucha donc avec sa mère qu’il appelait « chérie » en public. Tout cela pour de l’argent.

En observant ces dérives mondaines, ma mère m’avait dit à l’époque : « Si je te vois un jour afficher une certaine qualité de vie obtenue ainsi, tu cesseras d’être mon enfant. » J’ai grandi avec cette valeur cardinale.

Lorsque le jeune parvenu de ce pays eut amassé des fortunes et commença à devenir célèbre, ses envies et ses ambitions devinrent démesurées. Le diable, malin, lui murmurait de ne pas reculer. Il devait avoir des rapports sexuels contre-nature avec tous ceux qui croisaient son chemin. Il tenta de le faire avec plusieurs de ses coéquipiers en club. Si cela coinçait avec certains, il réussissait en sélection, fort de ses milliards, à soumettre des coéquipiers plus démunis à qui il promettait monts et merveilles. Étrangement, ces derniers disparaissaient progressivement des radars.

Cela convenait parfaitement à la famille du jeune homme et à lui-même. Ils étaient ravis d’éteindre les étoiles des autres pour voir leur propre fils briller.

Sauf qu’il n’existe pas de crime parfait. La jeune légende allait plus vite que ses maîtres et ses gourous se demandaient comment il faisait pour satisfaire à des exigences aussi fortes sans répit, alors même que ses coéquipiers peinaient à s’imposer au premier degré.

Tout le monde commença à se méfier de lui. Ses camarades, ses dirigeants. ses gourous…On le qualifia de sorcier. On lui barra définitivement la route de la récompense suprême qu’il convoitait tant, l’accusant d’user de trop de sorcellerie et de mysticisme pour grimper. Comme le dit l’adage : « Qui trop embrasse, mal étreint. »

Même lorsqu’il était en droit de revendiquer un titre individuel, les maîtres trouvaient le moyen de l’attribuer à un autre. Ils n’avaient jamais vu un tel niveau de sacrifices dans leur réseau.

La légende ne se privait de rien. Dans sa course folle, il partageait sa propre femme avec ses collaborateurs — une condition essentielle imposée par ses gourous. Lorsqu’il eut des rapports intimes avec son propre fils âgé de 6 ans, la mère de l’enfant porta plainte. La star, prise de court, supplia son collaborateur de passer aux aveux et de déclarer qu’il était l’auteur des faits. Les juges furent stupéfaits de voir la star témoigner contre la mère de son fils et en faveur de son collaborateur, censé être le bourreau de son propre enfant.

Voilà le prix à payer pour recevoir des milliards et rouler en Ferrari et ma mère n’en veut pas.

Ma famille, voyant cela de loin, m’appela et m’interdit de suivre cette voie.

Devenant de plus en plus nerveux sous la pression, la star contacta des dealers pour se fournir en drogue. Pour échapper aux mailles de la justice le moment venu, il confia à un ami musicien – rappeur le soin de transporter l’argent de la drogue, en lui faisant croire que c’était pour aider un autre ami avec qui ill n’entendait pas s’afficher dans une transaction financière.

Il versa ainsi 5 000 euros aux dealers chaque mois pendant 5 ans. Lorsque l’ami transporteur desdits fonds se rendit compte de la supercherie, ils se séparèrent et sont aujourd’hui ennemis jurés.

En observant cette déchéance, ma mère me répéta : « Mon fils, je préfère dormir dans une cabane plutôt que de vivre dans un luxe mal acquis. »

Ma mère ne voyage pas en jet privé. Je ne suis pas milliardaire. Je ne veux ni me compromettre, ni m’endetter. Je veux vivre dignement de mon travail, comme je le fais, dans le respect total des valeurs que ma mère m’a inculquées.

Voilà pourquoi je ne tremble devant aucune richesse de ce monde. Ma famille et moi préférons mille fois une cabane avec la conscience propre et la tranquillité d’esprit qu’une conscience au CV déshonorant et kilométrique.

Toute ressemblance avec des contemporains ne serait, bien sûr, qu’une pure coïncidence…

À bientôt.

Par Jean Claude Mbede Fouda

 

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