Polycarpe Xavier Atangana donne les éléments clés dans cette sortie sur l’audience qui a eu lieu hier lundi 30 mars 2026 au tribunal militaire de Yaoundé.
L’audience criminelle spéciale du Tribunal Militaire de Yaoundé a débuté à 11h39. Il était question de poursuivre la cross-examination du 28e témoin, Bodo Dina Alain. Mais avant, il était question pour Me Claude Assira, avocat de la DGRE, de produire « l’original du Procès-Verbal de N° 000054/2/47/ 15.1.2024 du Service Central de Recherches Judiciaires relatif à l’enquête ouverte contre Bodo Dina Alain ».
À sa prise de parole, Me Claude Assira a dit au Tribunal avoir adressé une demande au Secrétaire d’État en charge de la Gendarmerie et une autre au Chef du Service Central de Recherches Judiciaires, qui l’ont renvoyé auprès du Commissaire du Gouvernement, Cerlin Belinga, qui ne s’est pas exécuté, et qu’il (Me Claude A) s’interroge sur son silence. Pourtant, les images de vidéosurveillance supprimées par le 28e témoin concernent l’affaire qui nous réunit ici : l’affaire Martinez Zogo.
Pour répondre à cette interpellation directe, le Commissaire du Gouvernement a dit que pour lui, ce n’est pas l’occasion de parler de cette procédure. Ce serait aller à l’encontre de ses principes. D’autre part, parlant de correspondance, il ne reconnaît pas que ses services ont reçu une copie certifiée du PV. Par contre, il reconnaît qu’effectivement, Me Claude Assira l’a saisi par écrit le 21 mars et il a reçu la correspondance le 23 mars 2026 sur sa table. Et le 25 mars 2026, il lui a répondu en lui disant qu’il n’est pas possible. Que le PV est un acte de procédure, dont il ne peut pas le lui donner.
1h, 1h30, 2h. La tension ne fait que monter. L’Art 346 du CPP est cité et cité encore
Toutefois, Me Claude Assira a produit au Tribunal 4 pièces à savoir : la Correspondance N° 314/ DE/ DGRE/4 / ssi/du 25 mars 2026 certification des copies administratives mises à la disposition du tribunal concernant les actes contemporains de Sieur Bodo Dina, une Correspondance 00130/ R/ GL/ 27/ 2026, une demande de communication du dossier du 26 mars 2026, etc. L’ensemble de ces pièces n’ayant pas fait l’objet d’aucune observation ont été admises dans le dossier de procédure sous l’identification pièces à conviction B.
Une séquence judiciaire va marquer l’audience : la demande de Me Kenmoe concernant le complément d’information judiciaire de Sieur Bodo au vu de l’Art 390 CPP et l’exception de Me Mbuny concernant la consultation du dossier au greffe du Tribunal. Me Hossana a revu les Art 332 et 335 du CPP.
Interpellé, le Commissaire du Gouvernement a dit non. Il a justifié son argument en réexpliquant l’Art 390 du CPP al 1 a et l’Art 420 du CPP. Pour lui, la demande de Me Kemoe est irrecevable.
Pour calmer la forte tension entre les parties, le PT Missé a suspendu l’audience à 14h26 pour permettre au tribunal de se prononcer sur la demande et les exceptions formulées par les parties.
Après la reprise à 15h48, le Tribunal s’est prononcé comme suit :
– Me Mbuny peut consulter le dossier au greffe du PT et toujours se rapprocher de lui s’il a un problème.
– Pour la demande de Me Kemoé, le Tribunal a pris un ADD, lui a dit non fondé, l’en déboute et à 48h pour faire appel et ordonne la continuation des débats.
L’audience a été suspendue à 15h50 pour être reprise demain mardi pour la suite de la cross-examination du même témoin.
Polycarpe Xavier Polycarpe Xavier Atangana, pour une société fraternelle





