Alerte : Selon le chairman Ni John Fru Ndi, le Cameroun est désormais un terrain fertile pour une guerre ethnique sanglante

Ni John Fru Ndi

L’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun a vu la résurgence du discours ethnique et le regain du tribalisme au sein de l’opinion. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias, les dérives langagières se multiplient. Le chairman Ni John Fru Ndi, estime d’ailleurs que le Cameroun est désormais un terrain fertile pour une guerre ethnique sanglante.

Le tribalisme est devenu un sujet qui fait la Une sur les réseaux sociaux et alimente désormais les conversations dans les chaumières. Au Cameroun, le discours ethnique et le débat sur le tribalisme montent en puissance dans l’opinion et a été encore amplifié avec l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Autant de facteurs qui menacent l’unité nationale et font redouter l’éventualité de guerres tribales. L’opposant Ni John Fru Ndi est très inquiet du climat et regain du tribalisme au Cameroun. Il accuse le régime en place d’avoir tout mis en place pour plonger le Cameroun dans guerre sanglante interethnique.

Pour le sociopolitiste Claude Abe, les causes de cette montée en puissance du tribalisme sont multiples. En effet, explique-t-il à Mutations, « le tribalisme est d’abord lié à un fantasme, lui-même relatif à l’idée d’une fin de règne. Ce fantasme est lié à un autre, celui d’un règne qui serait autre que celui Beti. Je parle de fantasme parce qu’on va finalement se rendre-compte que les gens, lorsqu’ils sont nommés, ce n’est pas nécessairement l’appartenance tribale ou ethnique l’élément décisif ».

« La longévité au pouvoir du régime actuellement en place au Cameroun a entrainé une frustration de la part d’un certain nombre d’individus. Laquelle frustration est liée à l’absence des réponses adéquates aux problèmes posés par ces individus », pense l’enseignant d’universités, ajoutant que le mal être et surtout, le sentiment de confiscation du pouvoir par une ethnie, celle du chef d’État actuel, seraient ainsi à l’origine du repli identitaire.

« Certaines formations politiques ont, en effet, cru s’octroyer des réserves électorales en allant surfer sur le repli identitaire et même les gouvernants ont trouvé en cela une opportunité pour eux. En tribalisant le jeu politique, les gouvernants contribuent à une dépacification des rapports sociaux ». Ce qui serait pour eux de bonne guerre, conclut Claude Abe.

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