Au bar, « Il y a des clients qui nous tapotent des parties intimes »

Etre une gérante de bar ou de restaurant sans passer pour une prostituées est quasi impossible au Cameroun.

Au Cameroun des milliers de jeunes femmes, par manque d’emploi « plus noble », par pauvreté, ou diverses autres raisons, elles  trouvent leur salut dans les bars et restaurants en devenant serveuses. Si le travail en soi est relativement facile, le plus dur c’est de ne pas passer pour une vendeuse de sexe.

Dans la ville de Ngaoundéré, chef-lieu de la région l’Adamaoua, les serveuses ne sont rien d’autre que des prostituées, qu’il faut traiter comme telles. Pourtant, beaucoup sont des travailleuses qui ont choisi ce métier pour subvenir courageusement à leurs besoins. Ici, l’adage « Il n’y a pas de sot métier », n’aucun sens. En effet, beaucoup de secteurs d’activité semblent bien trop salis par les préjugés déconcertants. Parmi eux, le métier de serveuse dans les bars. Les femmes qui y exercent sont autant victimes du non-respect généralisé que des comportements sexuels déplacés de certains de leurs clients.

Nadège, une serveuse rencontrée dans un bar de la place au quartier Burkina semble ne plus supporte cette situation. « On nous prend toutes pour des prostituées ici et certains hommes prennent très mal le refus de leurs avances sexuelles et n’hésitent pas à nous violenter dans le bar », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Il y a des clients qui nous tapotent même les parties intimes sans aucune pudeur. Dans ce cas, tu ne peux pas crier au scandale, car le patron ne te comprendra pas. » Comme Nadège, nombreuses sont les serveuses qui ne souhaitent que faire leur métier en paix. Mais hélas, la mauvaise réputation leur colle à la peau !

« Le client est roi »

C’est un fait ! La plupart des hommes veulent être généralement servis dans un bar ou au restaurant par une femme. Avec des horaires de travail difficiles et des efforts physiques à fournir, les serveuses travaillent sans relâche pour à la fois servir mais aussi gérer les avances de leurs clients. C’est un véritable combat où il faut supporter les humiliations !  Par exemple, pour une histoire de monnaie qui tarde à venir où de boisson qui ne serait pas assez fraîche, ces travailleuses sont facilement traitées de tous les noms d’oiseaux. Et c’est aussi sur elles que certains clients qui arrivent au bar déjà très énervés pour une raison ou une autre, se défoulent.

Seules contre tous !

Autre dure réalité : les gérants de bars, censés protéger les serveuses s’arrangent souvent pour donner raison aux clients même quand ils ont tort, afin de pouvoir faire tourner leur business. Ne dit-on pas que le client est roi ? En tout cas, la serveuse doit ravaler sa fierté si elle tient à garder son emploi. Les nerveuses n’ont pas leur place. La seule chose à faire, semble être de se laisser aller.

Il est bon de le rappeler, les serveuses sont avant tout nos mères, nos sœurs qu’il faut traiter avec respect. Le service au bar est un métier comme les autres. Nombre de femmes et d’hommes devenus leaders n’ont pas manqué d’exercer ce métier en Europe pour pouvoir étudier. Les femmes qui exercent ce métier ne sont pas toutes de mœurs légères. Et si l’on ne peut les aider à améliorer leur quotidien, il serait sans doute judicieux de cesser de les persécuter pour satisfaire les caprices d’un troisième pied.

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