Calixte Beyala

L’écrivaine dit ne pas comprendre trop pourquoi Paul Tchouta est maintenu en prison alors qu’elle a déjà retiré sa plainte.

Arrêté depuis le 28 mai 2019, le journaliste et activiste Paul Chouta est toujours gardé à la prison principale de Kondengui voici bientôt 16 mois. Le 7 septembre dernier, l’affaire a été renvoyée pour la quinzième fois devant le Tribunal de Première Instance du Mfoundi (Centre).

Accusé de « diffamation », il est officiellement reproché à Paul Chouta d’avoir posté une vidéo sur sa page Facebook (Tgv de l’info), un enregistrement montrant l’écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala, en pleine discussion avec un homme devant une école à Douala.

Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer un procès politique contre le journaliste-lanceur d'alertes. Reporters sans frontières (RSF) a évoqué une disproportion totale entre le sort réservé au journaliste privé de liberté, et les poursuites pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles dont il fait l’objet

« Il est difficile de ne pas voir dans le maintien en prison de Paul Chouta, un signe de réprésailles des autorités à l’égard d’un journaliste très suivi, mais aussi très critique à l’égard du gouvernement», faisait remarquer RSF.

«Sans juger du fond de l’affaire, sa détention préventive est une sanction complètement disproportionnée par rapport aux poursuites de diffamation et de diffuions de fausses nouvelles dont il fait l’objet. Nous demandons que le journaliste puisse recouvrer la liberté sans délai avant que ne se tienne son procès» ajoutait l’organisation.

Sur le média d’Etat, la Crtv, lors du programme  «Cameroun Feeling», la romancière franco-camerounaise a été interrogée sur cette affaire dont le déroulé surprend plus d’un. Calixthe Beyala a surtout indiqué que Paul Tchouta n’est plus détenu dans le cadre de la l’affaire avec elle.

« J’ai retiré ma plainte. On a signé un accord avec son avocat, Me Simh, qu’il enlevait les images. Nous étions encore à la PJ (Police judiciaire), et apparemment, on m’a dit que ça ne servait à rien, puisque c’est un problème qui va au niveau du substitut du procureur, qui décide de poursuivre ou pas un individu. Apparemment, il y avait d’autres plaintes …  je ne peux absolument rien faire», a déclaré  la lauréate du Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1994.

Redigé par: Eric Adjouda.

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