Abdelaziz Moundé Njimbam

Avant que l'Ambassadeur de France, le représentant de l'Union Européenne et un autre occidental ne demandent à notre souverain de se rendre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour l'instant et depuis deux ans, les Camerounais l'en supplient, l'en implorent.

Demandent au très - haut président d'aller passer une heure à la limite avec Atanga Nji à Up station à Buea ou central avenue à Bamenda pour parler avec ces compatriotes qui ne bouderont pas une lueur d'amorce de dialogue sincere. N'est-ce pas le service minimum pour un " Père de la Nation ".

Il est vrai que les rares demandes " populaires " auxquelles accedent le président Paul Biya sont les motions de soutiens, les appels à candidature " naturelle " malgré le grand age et peut-etre le texte plutot mesuré de Luc Sindjoun, son conseiller special, morceau lumineux de nuance diplomatique et de devouement à celui qu'il estime être encore le bon choix.

Il est donc tout aussi vrai qu'en général, les Camerounais courent dans le sac et font le travail du varan quand il s'agit d'interpeller le président. L'une des rares exceptions étant, ces temps derniers, Celestin Bedzigui, qui a pu realiser un coup double : reussir à refiler un projet de barrage dans son village et obtenir une medaille de chevalier de l'Ordre et de la Valeur en echange d'un appel de Nkul à l'union sacrée autour de Paul Biya.

Pour l'Extreme-Nord, je crois que la cause est entendue. Même les sorciers au crabe des montagnes du Septentrion ont fini par se lasser de lire dans le sol. Ces signes d'une hypothetique visite du chef des Armees aux populations meurtries par plus de quatre ans d'exactions terroristes, le vrai, et une guerre sans merci de nos Forces se Defense contre Boko Haram.

Alors comme les portes du Palais de l'Unité ne s'ouvrent que le 20 mai à ceux qui comme Charles Messanga Nyamding ne se laveront plus les mains pour avoir salué le Nnom gui et à la présentation des voeux de debut d'année, et sont le privilege de ces ambassadeurs et personnalites occidentales le clair de l'année, pariont une chose : nos prochains hymnes à la souveraineté seront chantés quand un autre ambassadeur viendra porter ce message inaudible quand il vient de ses compatriotes au président. Un peu comme si Messmer était le porte-parole de notre cher Um Nyobe...

Les fantassins de notre independance, factice et illusoire, sortiront. Les cris d'orfraie couvriront ceux des réfugiés camerounais au Nigeria. Le ministre Tchiroma eructera dans le style " infantilisation, outrage, atteinte à notre honneur..." Notre ego national sera chauffé à blanc.

Le Minrex convoquera celui " qui a osé " faire ce qu'un ambassadeur camerounais en Europe ou aux States n'oserait jamais. Et puis, pour un pays qui a sa monnaie fabriquée et gerée en France, ses présidents choisis par Paris, ça fera chic de se dire patriote.

On se dechirera pendant que le président preservé dans ses beaux costumes attendra le prochain départ pour un sommet à Paris, ayant envoyé entre - temps un de ses ministres à celui de l'Union Africaine.

 

Abdelaziz Moundé, Journaliste

Redigé par: Eric Adjouda.

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