Cameroun-Crise anglophone : Plus de 160.000 personnes en fuite vers le Nigéria

Le nombre de personnes ayant dû fuir leurs habitations dans les deux régions anglophones du Cameroun en raison de la violente répression que mène l'armée contre les séparatistes est énorme.

Le Bureau de coordination des Affaires humnaitaires (Ocha) de l'ONU a estimé à environ 160.000 le nombre de personnes ainsi déplacées, qui ont trouvé asile dans des villes et villages des régions francophones, dont Mbanga Njombé, Penja et Douala dans la région du Littoral située à proximité de la région du Sud-ouest, ou encore Mbouda et Dschang, Bangourain, dans la région de l'Ouest, limitrophe de celle du Nord-ouest.

L'agence nigériane de gestion des urgences (SEMA) parle quant à elle de 34.000 Camerounais anglophones qui se sont réfugiés dans ce pays, du moins ceux qu'elle a enregistrés formellement.

Mais des sources estiment le nombre de Camerounais anglophones ayant fui au Nigeria à plus de 60.000, vu que la plupart « traversent la frontière à pied, dans des zones montagneuses et de forêt dense très peu accessibles du fait du manque de routes, rendant difficile leur enregistrement ». « La majorité des déplacés a fui dans la brousse avec peu pour survivre.

D'autres sont hébergés par des communautés locales qui font également face à des conditions de vie défavorables », a également indiqué le communiqué rendu public par l'Ocha. Beaucoup avaient cru que l'approche de la fête nationale (encore appelée "fête de l'Unité") dont la 46ème édition se célèbre le 20 mai, serait une occasion pour le gouvernement camerounais de tendre la main aux séparatistes, et de marquer par cette symbolique son attachement à l'unité du pays que ses antagonistes veulent partitionner.

le mois de mai s'est plutôt révélé l'un des plus meurtriers dès ses premiers jours. Une vingtaine de membres présumés du mouvement sécessionniste ont été tués le 3 mai, et le lendemain, trois militaires ont été tués, deux blessés et un autre porté disparu dans une attaque perpétrée par des séparatistes dans la localité de Mbonge, ( Sud-Ouest).