Jean-Jacques Ekindi

Le coordonnateur national du Mouvement progressiste (MP), Jean-Jacques Ekindi, a jugé scandaleux les propos du président français Emmanuel Macron, à l’endroit du président Biya, interpellé lors du salon de l’Agriculture à Paris par l’activiste Calibri Calibro

Voici l’intégralité de déclaration Jean-Jacques Ekindi, face à la presse le 27 janvier 2020

 A l'occasion de sa visite au Salon de l'agriculture à Paris, M. Emmanuel Macron, président de la République, en réponse à l'interpellation d'un badaud, a tenu des propos discourtois, désobligeants et offensants, scandaleux pour certains, à l'endroit du Cameroun, de ses institutions et du président de la République S.E. Paul Biya. Mais le pire, c'est que le président français a semblé donner du crédit à l'accusation de génocide lancée par son interlocuteur contre le Cameroun. Monsieur Macron sait-il ce qu'est un génocide ?

Par ailleurs, le président Macron s'est présenté comme le véritable seigneur et maître du Cameroun qu'il gouvernerait par pressions, par injonctions et par coups de téléphone adressés au président Biya. Il a laissé clairement entendre que le président Paul Biya n'aurait pas été démocratiquement élu, ce qui expliquerait certaines positions de la France vis-àvis de notre pays. Avec aplomb, il a annoncé qu'il enjoint au président Biya de régler au plus vite la crise anglophone qui a dégénéré en guerre civile.

Enfin, il s'est attribué le mérite d'avoir fait libérer Kamto et ses compagnons d'infortune, se faisant fort de faire libérer n'importe quel prisonnier détenu au Cameroun par un simple coup de fil au président de la République, il a du reste demandé à l'un de ses collaborateurs de relever les noms des candidats à la libération.

Ces propos qui présentent le Cameroun comme un pays vassal sont inacceptables. Le président français a-t-il jamais tenu pareil discours vis-à-vis d'un pays hors de l'Afrique et plus précisément hors du pré-carré des anciennes colonies françaises ? Qu'est-ce qui lui fait croire qu'il peut impunément se passer des usages diplomatiques pour traîner le Cameroun dans la fange ?

Lorsqu'il déclare ne travailler qu'avec les présidents démocratiquement élus, a-t-il rompu toutes les relations diplomatiques, économiques, commerciales, financières et monétaires, culturelles, sécuritaires et militaires avec le Cameroun ? Monsieur Gaido, président autoproclamé du Venezuela, a-t-il été démocratiquement élu pour que la France le reconnaisse comme légitime?

Lorsque le Président Macron déclarait à Ouagadougou : «il n'y a plus de politique africaine de la France», n'est-il pas rattrapé par les vieux démons de la Françafrique? Au Cameroun, de la Françafrique nous n'en voulons plus. Des relations d'Etat à Etat, de nation à nation, de peuple à peuple, relations empreintes de respect et d'amitié, voilà ce que nous avons mis des années à construire avec la France.

Nous appelons donc tous les Camerounais attachés à leur patrie et à ses institutions, tous ceux qui sont convaincus que c'est au Cameroun et par les Camerounais que sont réglés nos problèmes et non pas ailleurs, tous ceux qui savent que Paul Biya est le président de la République, le dépositaire de la légitimité populaire et l'incarnation des institutions , plus que jamais renforçons l'unité nationale faite de nos diversités, rappelons respectivement au président Macron le devoir de réserve à observer lorsque l'on tient des propos sur le Cameroun, comme tout autre Etat souverain, affirmons avec force qu'il n'y a pas de génocide au Cameroun, et demandons à la France de marquer sa distance vis-àvis de cette thèse fallacieuse, apportons notre appui sans réverse à M. Paul Biya et à la diplomatie camerounaise pour restaurer les bonnes relations qui doivent être cultivées entre la France et le Cameroun, et ce dans le respect mutuel empreint d'amitié. Quant à nos problèmes internes, réglons-les en interne. 

Redigé par: Eric Adjouda.

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