Mgr Andrew Nkea affaire que Pape ne vient pas comme un politicien, mais d’abord en pasteur.
À l’approche de la visite du pape Léon XIV au Cameroun, prévue du 15 au 18 avril 2026, l’attente monte au sein de l’Église catholique et bien au-delà. Depuis Bamenda, épicentre de la crise sociopolitique anglophone, l’archevêque Andrew Fuanya Nkea, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), a livré à Vatican News une lecture à la fois spirituelle et profondément symbolique de cet événement.
Pour le prélat, cette visite intervient à un moment crucial de l’histoire nationale. « On attend beaucoup de cette visite », confie-t-il, alors que le pays traverse une période marquée par des tensions multiples : crise postélectorale après la présidentielle d’octobre 2025, conflit séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et insécurité persistante dans l’Extrême-Nord.
Le choix du souverain pontife de se rendre non seulement à Yaoundé et Douala, mais aussi à Bamenda, est perçu comme un signal fort. Depuis 2016, cette ville symbolise les fractures profondes nées des revendications corporatistes d’enseignants et d’avocats, devenues un conflit armé aux lourdes conséquences humaines. « C’est une grande chose que le Saint-Père ne soit pas resté chez lui en attendant que les choses se calment », souligne Mgr Nkea, saluant un geste courageux dans un contexte encore instable.
Face aux analyses qui tentent de politiser cette visite, l’archevêque insiste sur son essence spirituelle. « Le pape ne vient pas comme un politicien ou seulement en tant que chef d’État, mais d’abord en pasteur, en homme de Dieu », rappelle-t-il. Une manière de recentrer le débat sur la mission première du pontife : porter un message d’espérance, de paix et de réconciliation.




