Cameroun: le témoignage glaçant de Ludovic Daga depuis Kondengui

Ludovic Daga, cadre de l’administration agricole et responsable communal du MRC à Babadjou, témoigne depuis la prison centrale de Kondengui de la longue persécution politique dont il fait l’objet.

Incapable de le faire céder, le système l’aurait ensuite ciblé comme bouc émissaire avant son arrestation brutale en novembre 2025, suivie d’une détention sans accusation formelle.

Se déclarant prisonnier politique, l’infortuné lance un appel à la conscience nationale et internationale.

Lire son texte :

« MÉMORANDUM DE DÉTENTION :

Je m’appelle Ludovic DAGA.

Je suis secrétaire communal du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Babadjou et cadre de l’administration agricole.

Depuis ma cellule de la prison centrale de Kondengui, je m’adresse au peuple camerounais et à la communauté internationale.

Ce récit n’est pas seulement le mien ; c’est le procès-verbal d’un système qui tente de broyer l’intégrité par la faim, l’exil et les fers.

  1. LA PHASE D’ÉTOUFFEMENT

Bien avant les menottes, j’ai connu les chaînes invisibles de la persécution administrative.

Mon engagement politique au sein du MRC a fait de moi la cible d’une stratégie de strangulation délibérée.

-Décembre 2020 :

Le premier coup

Alors que j’exerçais comme Chef de la Section des Enquêtes et Statistiques Agricoles dans les Bamboutos, mon SALAIRE d’agent de l’État a été totalement suspendu.

Sans préavis, sans motif disciplinaire, sans dossier.

Cinq ans de vie, de besoins et de dignité ont été ainsi confisqués.

-Le sabotage professionnel :

Nommé Directeur du Centre d’Entrepreneuriat Agricole et Communautaire (CEAC) de Babadjou, je n’y resterai qu’un mois.

La main noire du politique a exigé mon éviction immédiate au profit d’un pion du système.

-L’affection punitive (2024) :

Toujours sans salaire après quatre ans de résistance, on m’affecte à Pette, dans le Diamaré (Extrême-Nord).

Ce n’était pas une affectation de service, mais une déportation.

Pour parfaire mon isolement, les crédits de fonctionnement de mon poste furent gelés, me privant de tout moyen d’action sur le terrain alors que mes collègues en bénéficiaient normalement.

-Ma détermination :

À chaque étape, on attendait mon reniement.

On voulait que je vende ma conscience contre mon salaire.

Ma réponse a toujours été un NON catégorique.

Ma foi en un Cameroun juste, ne s’achète pas.

II- Le complot de Babadjou :

Le refus du rôle de « Bouc Émissaire »

Le point de rupture survient fin octobre 2025.

Le système, incapable de me briser par la faim, a tenté de me briser par le mensonge.

-La convocation :

A la veille de la proclamation des résultats des élections présidentielles Le Sous-Préfet de Babadjou et le Commandant de Brigade m’ont convoqué.

En leader responsable, j’ai garanti mon engagement pour la paix : « Je n’appellerai ni à la manifestation, ni à la non-manifestation. »

-Le harcèlement :

Parti à Dschang avant cette proclamation, j’ai été assailli de messages WhatsApp par le député suppléant Alain Roosevelt TIDJIO.

Il insistait lourdement pour que j’avoue préparer des manifestations à Babadjou.

Ils avaient besoin d’un coupable pour des troubles qui n’existaient pas.

Babadjou est resté calme, sans une vitre brisée, mais ils voulaient ma tête pour justifier leur répression.

III- La violation du sacré et l’enlèvement (Novembre 2025)

L’arrestation du 1ᵉʳ novembre 2025 a été précédée d’un acte d’une inhumanité rare : la profanation du deuil familial.

1- L’irruption :

Des agents venus de Yaoundé ont violé l’intimité de la concession de mes parents, alors que nous portions encore le deuil de mon père enterré quelques mois plus tôt.

Ma mère, affaiblie par la perte de son époux, a été terrorisée par cette intrusion brutale.

2- L’enlèvement :

Traqué jusqu’à ma ferme, j’ai été arrêté, cagoulé et menotté

3- Le calvaire des geôles :

1er novembre : Cellule insalubre à Mbouda.

2 novembre : Transfert sous cagoule vers Bafoussam.

3 novembre : Départ pour Yaoundé, toujours dans l’obscurité d’une cagoule.

17 jours au SED : Dans les cellules du Secrétariat d’État à la Défense, au mépris de tous les droits de la défense.

20 novembre : Jeté à la prison de Kondengui sans accusation formelle, sans jugement, sans fin prévisible.

  1. Appel à la conscience Nationale et Internationale

Aujourd’hui, je suis un prisonnier politique.

Mon cas est le condensé de toutes les dérives : suspension illégale de salaire, éviction professionnelle, exil intérieur, violation de domicile en période de deuil, et détention arbitraire.

  • À l’opinion internationale : Voyez comment un fonctionnaire intègre est traité pour ses idées.
  • À mes compatriotes :

Ne craignez rien. S’ils ont pu m’enlever ma liberté de mouvement, ils n’ont aucune prise sur ma liberté de penser.

  • Aux autorités :

Si servir son pays avec intégrité est un crime, alors jugez-moi publiquement.

Sinon, rendez-moi mes cinq années de salaire et ma liberté.

Je suis Ludovic DAGA

On m’a tout pris, sauf mon honneur.

Mon combat continue, car changer le Cameroun n’est plus une option, c’est un impératif vital.

Fait à la Prison de Kondengui, le 18 décembre 2025″.

 

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