Cameroun : « Où allons-nous ? Avec cette sale guerre fratricide, ces scandales sexuels et de corruption à répétition », Dr Fridolin Nke

L’universitaire passe au scribe les maux qui pourrissent le climat socio-politique camerounais et appelle à une prise de conscience collective

Sur la situation actuelle de notre pays et notre responsabilité en tant qu’intellectuels, où allons-nous ? Avec cette sale guerre fratricide, ces scandales sexuels et de corruption à répétition, le tourisme sexuelle impliquant des filles mineures qui explose à Kribi, à Limbe, à Douala, etc.

Que font les instances de sécurisation de la fortune publique, les agences de régulation des télécommunications, l’ANTIC, etc.? Que fait le gouvernement ? L’institution judiciaire et les services de défense, de sécurité et d’espionnage travaillent-ils à garantir la paix sociale et l’unité nationale ou à ligoter les libertés et à précariser la vie ? Le rôle de tout citoyen, l’intellectuel surtout, est de s’interroger en ces termes-là.

Devant ces dérives et l’impératif devoir citoyen de s’instruire pour en comprendre la nature, les effets nocifs et y apporter des solutions idoines, plusieurs internautes me confient qu’ils ont un problème avec la lecture ; ils ne savent pas lire, ils ne savent pas quoi lire…

Non! Vous n’avez aucun problème, du tout ! Votre volonté et votre intelligence naturelle sont avachies par le découragement : elles dorment. Il faut les réveiller, les chicotter, car l’école ne finit pas. Si vous voulez que ce pays change, soyez un vecteur de connaissances ! Ainsi, les gens autour de vous vont mieux comprendre et mieux se comporter ; ils vont emprunter, avec courage, le chemin du changement…(d’ailleurs, achetez mon livre, Paul Biya. Chroniques de la Fin, et venez Inbox auprès de votre serviteur apprendre à lire et à comprendre ce qui se passe dans ce monde, dans ce pays).

Les intellectuels, quant à eux, doivent se rendre intraitables, incorruptibles et courageux. Ce faisant, ils deviendraient insupportables et leur unique but serait fixé : déranger, perturber la quiétude des inconscients, qu’ils soient des citoyens ordinaires ou des hommes des pouvoirs.

Plus que jamais, notre rôle n’est pas de nous (com)plaire dans les privilèges et les opportunités attachés à notre rang, et de nous rendre orthodoxes, pour mieux passer l’examen immoral de la cooptation dans des cercles maudits : nous devons plutôt faire rougir les rassasiés, parvenir à faire pleurer les insensibles, énerver les repus, chasser les dépravés (comme on chasse un gibier ou éconduit une imposture vivante) et dégoûter les pacifistes d’eux-mêmes, en dépeignant, avec talent, le fleuve de sang qui fait dériver l’embarcation nationale et qu’ils se refusent à voir, ainsi que les morceaux de chair et de cerveau humain qui en rythment les vagues…

Il faut que chacun de nous sorte du trou noir (ce monstre galactique et intergalactique) de sa suffisance et vienne dans l’espace public fournir le témoignage de ses manquements, de ses traîtrises et de ses crimes ; qu’il donne des garanties de sa transfiguration morale et patriote, et s’engage à (re)naître de nouveau. Cette repentance-sanctification républicaine est notre Salut!

 

Fridolin Nke

Expert en discernement

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