Cameroun : Owona Nguini accuse les enseignants d’être utilisés pour renverser Paul BIYA

L’opération « craie morte » entame ce lundi sa quatrième semaine dans tous les établissements du secondaire au Cameroun. Menée par le mouvement « On a Trop Supporté » (OTS), la grève des enseignants a gardé la même ardeur et ce, malgré les mesures du Gouvernement en cours d’implémentation, prescrites par Paul BIYA pour juguler la crise.

Plutôt que de voir en ces enseignants la détermination des gens qui « ont trop supporté » et même « trop souffert », le Professeur Mathias Eric Owona Nguini estime cette grève est trop bien organisée pour être un simple mouvement d’humeur général dans le secteur de l’enseignement. L’universitaire poche du pouvoir de Yaoundé voit en effet derrière l’OTS, des mains noires, notamment celles des acteurs politiques qui seront bientôt dévoilés.

« Il faut être naïf pour croire que le mouvement OTS est purement invertébré (sans centre et sans référents) et peut demeurer rivé dans un seul secteur (le secteur éducatif) alors qu’il n’est pas charpenté. Une action corporative prenant la forme de la grève nécessite des noyaux de représentation et de représentativité pour négocier avec le système décisionnel autour des problèmes soulevés (intégration, salaires, avancements, indemnités de non – logement) et s’effectue dans un cadre légal et réglementaire.

La configuration occulte et clandestine qu’adopte le mouvement en feignant l’acéphalie, indique que des cellules d’action spéciale politiquement formées ou stratégiquement coachées, ont initié ou infiltré le mouvement sans que les cohortes de sympathisants de cette mobilisation, sachent que les objectifs de ces cellules sont crisogènes (générateurs de révolte, d’insurrection ou de putsch) car ce mouvement veut se généraliser par la ruse et sortir des limites du seul secteur éducatif.

Une action corporative ou syndicale ne se joue pas avec des manœuvres de maquis et des tactiques préfigurant une mobilisation générale. Dans ce cas, ce n’est plus d’une simple grève qu’il s’agit mais d’une technologie de désobéissance.

Une grève ne se cache pas, elle fait front. Une désobéissance peut avoir besoin de se cacher pour susciter l’adhésion, esquiver son étouffement dans l’œuf et cristalliser le jeu de la tension subversive visant une rupture générale de facture insurrectionnelle par un assaut anti-systémique surprise », a-t-il écrit.

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