Cameroun-Parti politique : Le SDF dans l’agonie ?

Après avoir tenu tête au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à trois reprises (en 1992, 2004 et 2011), le Social démocratic front (SDF) est aujourd’hui dominé par d’autres formations politiques de l’opposition, conduisant ainsi à penser à une mort programmée du jadis (parti) cauchemar du régime.

En février 2018, Joshua Osih est déclaré candidat à l’élection présidentielle par le parti d’opposition SDF. C’était au terme des primaires organisés à Bamenda, le chef-lieu de la région du Nord-ouest. Le député et 1er vice-président de ce parti, annonce qu’il va parcourir les 366 circonscriptions électorales du pays pour mobiliser les électeurs, dans le but de remporter la présidentielle.

Ceci non sans dire à haute et intelligible voix : « nous allons gagner ». D’ailleurs sur le plateau d’une chaine de télévision internationale, Joshua Osih s’est amusé, mais avec un ton sérieux, à donner 20 ou 30 ans aux autres partis politiques pour déclasser son parti, le Front social-démocrate. S’appuyant sur les résultats des dernières élections (avant 2018), il a dit : « si nous mettons ensemble tous les autres partis politiques, ils n’atteignent pas 10 ou 15 % des résultats que le SDF a obtenu, toute élection confondue ». Cependant, mal lui en a pris, lorsque les résultats du scrutin du 7 octobre 2018, ont été proclamés.

Le SDF, à la grande surprise de ses militants, arrive en quatrième position avec 3,35% des suffrages exprimés, après le Rdpc 1er, le Mrc 2e, et le parti Univers 3e. Joshua Osih et certains de ses partisans accusent alors l’insécurité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, pendant que de nombreux responsables, réclament son limogeage. Des analystes politiques braquent leurs regards et mènent des réflexions pour déduire que : « Le SDF s’achemine vers sa mort, en résistant aux origines de son anéantissement ». Sur la toile on pouvait déjà lire dès le lendemain du jour de l’élection présidentielle : « Le SDF est agonisant en raison de son égo… il est promis à une mort certaine ». Les mêmes propos ont été aussi entendus dans des radios à Yaoundé. On ne peut pas ignorer que cet échec et la situation actuelle, ont longtemps été prédits par l’homme politique, ancien responsable du Social democratic front, Jacques Elimbi Lobe.

Dès l’investiture de Joshua Osih, l’ex-conseiller municipal a parlé de « gesticulation désespérée des incompétents qui viennent encore de rater le coach de l’histoire ». Selon lui, la personne choisie au SDF pour challenger Paul Biya candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir depuis 36 ans, est « poisseuse, et légère » sur le plan politique.

Il révèle que Joshua Osih « n’a jamais gagné une élection, ni législative ni municipale dans sa circonscription natale du Ndian encore moins dans sa commune natale. Au Wouri-centre en 2013, il avait encore perdu les législatives faisant perdre par la même occasion le SDF ». Le candidat idéal pour plusieurs cadres du SDF, était l’honorable Joseph Mbah Ndam, nanti d’une expérience politique avérée. Mais hélas! Le SDF a préféré un habitué des échecs électoraux, pour vouloir vaincre « la force de l’expérience » : Paul Biya. De plus, le parti né en 1990 à Bamenda, ayant acquis par la suite une envergure nationale, est fragilisé par les soupçons d’être une marionnette du parti au pouvoir (Rdpc). L’argument d’une relation bien entretenue par les deux, semble avoir davantage sali l’image du SDF, ajouté également à la « prétendue » victoire de 1992, vendue au Rdpc.

Au-delà donc d’une campagne mal menée, qui aurait déclenché le crépuscule de la principale formation politique avant octobre 2018, il existe une sorte de guerre intestine inavouée au sein de l’organisation de Ni John Fru Ndi.

 

Agora-Mag

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