Cameroun-Présidentielle 2018 : Les évêques plaident pour une élection apaisée

Dans une lettre pastorale, les évêques appellent à la tenue d’un scrutin apaisé lors de la présidentielle du 7 octobre prochain.

À l’issue d’une conférence épiscopale à Yaoundé au Cameroun, à quelques semaines de l’élection présidentielle du 7 octobre, les évêques plaident pour un scrutin apaisé. La lettre date du 24 août, date à laquelle les évêques camerounais étaient réunis en conférence épiscopale.

La situation politico-sécuritaire n’a pas manqué au menu des échanges. Les évêques se sont inquiétés de l’insécurité qui prévaut dans le pays et qui pourrait connaitre des pics lors de la tenue de la présidentielle le 7 octobre 2018.

A cet effet, ils ont appelé à un vote libre et transparent et surtout dans la paix. Une prise de position que ces prélats fondent sur les valeurs religieuses: « selon les enseignements de l’Église, le peuple peut exercer sa souveraineté en choisissant de manière libre, pacifique et responsable, ses dirigeants ». Le plaidoyer n’est pas fortuit.

Les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays sont secouées, depuis 2016 par la crise anglophone qui s’enlise, faisant de nombreux morts. Les leaders de cette crise qui apparait désormais comme un mouvement sécessionniste ne se cachent pas pour déclarer qu’il n’y aura pas de vote dans ces régions.

Une opération « zéro élection » est en ce moment en cours. Les bureaux d’Election’s Cameroon sont constamment attaqués. De nombreuses vidéos qui tentent par la menace de dissuader les potentiels électeurs circulent sur la toile et la détention d’une carte d’électeur dans ces régions s’apparente à de la haute trahison, passible de pires atrocités.

Pour l’église catholique, le changement et la solution à ces tensions passent par le respect des institutions. Elle soutient que seul un vote libre et transparent peut « garantir la paix, la stabilité et la justice ».

Ces Hommes d’Eglise ont en outre, invité les Camerounais à choisir des candidats capables de faire face à la crise sociale, économique et politique du pays, de lutter contre les inégalités, corruption, le chômage et la secte Boko Haram.

Les évêques placent également beaucoup d’espoir en la Conférence de tous les anglophones qui doit se tenir au mois de novembre 2018. Une initiative œcuménique pour laquelle de nombreux leaders religieux, obédiences confondues se mobilisent pour proposer une sortie de crise.

Le projet de cette conférence a été rendu public le 25 juillet 2018. La conférence devait initialement se tenir au mois d’aout. Après un examen approfondi, le gouvernement a décidé d’un report pour une meilleure préparation.

Les évêques du Cameroun se sont réunis le vendredi 24 août à Yaoundé, dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire de la conférence épiscopale

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