Dans cette tribune d’Alain Denis Ikoul le journaliste du média spécialisé dans le football Cfoot fais allusion à l’ego qui a pris le dessus et qui participe de manière active à la division du peuple camerounais.
L’industrie de la haine gratuite par procuration est celle qui a le vent en poupe au sein de la communauté camerounaise au Maroc pour la Can 2025. Pour avoir fait une publication haineuse ou à charge contre CFOOT ou encore Onana, Aboubakar, Hongla, Ngadeu ou Mouelle Kombi qui sont d’ailleurs absents de cette CAN, vous êtes célébrés, déifiés, et même lourdement récompensés.
Les influenceurs, humoristes, TikTokeurs et simples usagers d’intérêt l’ont bien compris, le client est porteur. Du coup, les gènes de la division se sont davantage emparés de l’espace public digital camerounais: Qui va se négliger ? Des enseignants d’université, anciens journalistes et animateurs en mal dans leur reconversion, des artistes en panne d’inspiration, des influenceurs d’un autre genre, tous sont devenus suceurs d’un pasteur lourdement porteur: l’industrie de la haine gratuite est florissante, elle bat son plein.
Une capture d’écran où tu insultes l’une des cibles, une capsule vidéo où tu charges un « non aligné », et le porteur dégaine son portefeuille pour créditer ton compte. Pour eux le billet d’avion pour le Maroc vaut plus que la dignité humaine; un séjour au Maroc gracieusement offert par le porteur suffit pour vilipender des innocents absents de l’expédition marocaine.
Tant que l’égo et la popularité du commanditaire (actif et parfois passif) sont nourris, tout va bien. Tant que quelques billets de banque sont crédités dans le compte par le client actuellement porteur, on peut rendre de petits services au commanditaire (actif et parfois passif). D’aucuns ne perçoivent encore rien, mais se livrent tout de même à la sale besogne pour s’attirer le regard et la sympathie du porteur. Le pays est divisé plus que jamais, mais on s’en fout, du moment où la division nourrit l’ego et la popularité de celui-là, à qui vivre dans l’anonymat, vivre sans cristalliser l’attention du peuple, est un calvaire insupportable.
Le conflit hiboux – Eglisiens est à ce jour le plus grand conflit sociétal de l’histoire contemporaine du Cameroun. Il est pire que le conflit sardinards – tontinards. Ce conflit crée de toute pièce et bien entretenu par un personnage pourtant iconique, plombe la reliance et consacre et la deliance sociale au Cameroun, en détériorant par la même occasion le tissu social et les rapports entre compatriotes.
Aujourd’hui entre camerounais on s’identifie selon qu’on soit hibou ou églisien. Une situation clairement créée, décrétée et pleinement assumée par celui qui, en plein prime Time de télévision, il y a 3 ans déjà, décida d’appeler une partie de ses compatriotes « HIBOUX », sous l’ovation de ses ouailles, consacrant ainsi la division du peuple, un peuple malade, mais alors vraiment malade, pour sa gloire personnelle.
Au Cameroun, on n’a plus le droit d’avoir une opinion. On n’a plus le droit d’être exigeant envers un gestionnaire de la chose publique sous prétexte qu’il faut protéger les icônes. On n’a plus le droit de questionner la légitimité d’un sélectionneur, parce qu’il serait nommé par Dieu. On n’a plus le droit d’exiger de la transparence à un dirigeant qui a promis la transparence et la bonne gouvernance. On n’a plus le droit de supporter un compatriote qui joue à l’étranger, du fait de ses rapports conflictuels avec Dieu. On n’a plus aucun droit : on doit se plier à la « doxa églimoutonienne », et dire que « tout ce que le pasteur fait est bon ». D’ailleurs on ne pleure pas, c’est interdit de pleurer.
The Show Must Go On !!! But Let’s protect our Lions !!!



