Le journaliste camerounais travaillant pour le journal Jeune Afrique, fait à travers cette analyse une réverbération pragmatique après le vote du 12 octobre 2025 au Cameroun.
EN ATTENDANT LES RESULTATS, PETITE REFLEXION D’APRES VOTE
Ils parlent comme vous. Se plaignent, tempêtent, hurlent contre le régime qui les asservit. Ils sont même parfois si démunis qu’ils sollicitent votre générosité avec l’autorité de ceux qui y ont droit, vous culpabilisent si vous avez «réussi», se sentent méprisés si vous refusez de vous ruiner pour eux.
Ils en appellent à votre charité, un commandement à fois religieux et laïc. Mais … à la fin, ils font campagne et votent pour que rien ne change. Comme si de rien n’était. Comme s’ils souffraient d’un dédoublement de personnalité.
Tout d’un coup, les mêmes personnes vous expliquent que la continuité serait le «meilleur risque». Subitement insensibles à leur propre mauvaise fortune et au malheur de leurs semblables. Les voilà en cyniques calculateurs escomptant un intérêt matériel immédiat mais de courte durée. Un jour ils sont le bon Dr Jenkill et l’autre, l’affreux Mister Hyde.
La longue nuit que traverse le Cameroun est ainsi peuplée de personnages aussi attendrissants que repoussants. La violence est la seule modalité du passage de la vertu au vice. Et en s’allongeant, cette nuit nous éloigne les un des autres, y compris au sein des familles. Est-ce un hasard si cette élection s’est jouée sur la dialectique du «Bon diable» ? Tout un symbole !
Cette élection, qu’elle qu’en soit l’issue, restera du point de vue des valeurs, une péripétie singulière dans la grande Histoire de ce pays. Non pas seulement à cause de l’âge du président sortant – une première planétaire – ni pour la déraison d’un si long règne proche du record mais, surtout, parce qu’elle aura révélé à ceux qui en doutaient encore l’incroyable capacité des humains à transiger, s’adapter, renoncer, courber l’échine, se renier se coucher, ramper pour survivre et/ou conserver des acquis plus ou moins durables.





