Libii se dit « totalement partant pour une coalition »
À moins de deux mois de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, affiche un nouvel état d’esprit. Dans un message publié sur son compte X, il a affirmé être favorable à une dynamique commune de l’opposition. « Nous sommes totalement partants pour une coalition », a-t-il écrit, annonçant l’envoi prochain de correspondances aux autres candidats pour mutualiser les forces face au président sortant, Paul Biya.
Jusque-là, Cabral Libii s’était montré réservé vis-à-vis des initiatives en faveur d’une candidature consensuelle. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition, il n’avait pas pris part aux rencontres conduites ces derniers mois par Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya, présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC). Une absence qui avait nourri des interrogations sur sa réelle volonté d’adhérer à ce processus.
Le candidat du PCRN, arrivé troisième à la présidentielle de 2018, s’en est défendu le 11 août dernier : « Certains hommes politiques et acteurs des réseaux sociaux déclarent que Cabral Libii et le PCRN ont refusé de participer à des négociations en vue d’une candidature consensuelle de l’opposition à l’élection présidentielle de 2025, ce qui est inexact ».
Dans sa mise au point, Cabral Libii a expliqué qu’il ne pouvait pas s’impliquer dans le suivi de travaux auxquels il n’avait pas été associé dès le départ. « Nous avons très récemment été invités par madame la présidente Tomaino Ndam Njoya pour participer à un travail de suivi, et nous lui avons dit que nous ne saurions nous impliquer dans le suivi des travaux auxquels nous n’avons pas participé, tout en réitérant notre disponibilité à discuter des conclusions », a-t-il précisé.
Ces déclarations contrastent avec une sortie plus ancienne, lors d’un live sur les réseaux sociaux, où Cabral Libii avait laissé entendre qu’il ne pourrait pas coaliser avec des leaders ayant déjà appartenu au pouvoir, une allusion implicite à Maurice Kamto. Il avait cependant nuancé par la suite : « La réussite d’une coalition ne réside pas dans la juxtaposition des individus, mais dans la construction d’un projet commun, d’abord, puis dans la définition des modalités de choix de celui qui portera ce projet ».
ce temps, les tractations se poursuivent entre les onze candidats de l’opposition. Dans un communiqué publié le 14 août, Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya a rappelé que, lors de leur réunion du 8 août, les participants avaient convenu d’ouvrir la démarche de la candidature consensuelle à l’ensemble des forces du changement, y compris les candidats recalés par le Conseil constitutionnel et la société civile.
La question centrale demeure la faisabilité de cette coalition. L’histoire récente rappelle qu’en 2018, l’opposition n’avait pas réussi à dépasser ses divisions, laissant le champ libre à Paul Biya. Cette fois encore, la rapidité avec laquelle les onze candidats parviendront ou non à transcender leurs égos, harmoniser leurs projets et désigner un candidat unique déterminera si la coalition reste un simple slogan ou devient une véritable alternative pour l’alternance au Cameroun.





