Culture-Dschang: La fonction du monument de la « Nouvelle liberté » du rond-point Déido expliquée au public.

A l’occasion de la dédicace d’un essai d’Alain Cyr Pangop, les fondements esthétique et philosophique du monument de la « Nouvelle liberté », du rond-point Déido à Douala, ont été expliqués au public.

« Aux confins du Jala’a de Joseph-Francis Sumegne : une nouvelle école de l’art contemporain. » Tel est le titre de l’essai qui a été dédicacé dans l’après-midi du mercredi 24 octobre 2018, en la salle Manu Dibango de l’Alliance franco-camerounaise. A travers cet ouvrage, Alain Cyr Pangop, essayiste et enseignant-chercheur à l’université de Dschang, a voulu explorer les fondements esthétiques et philosophiques de ce qu’est le « Jala’a » « en examinant, en plus d’autres œuvres de son parcours esthétique, la « Nouvelle liberté » de Joseph Sumegne, ce monument fixé au rond-point Déido à Douala dès le 21 juillet 1996 et qui est, en quelque sorte, le couronnement dudit « Jala’a »… » Les prises de positions tranchées et irréconciliables autour du débat philosophique, sur la place de l’artiste dans la société, ont longtemps intrigué l’enseignant, et fini par lui faire comprendre l’importance des ouvrages commis sur la réalisation d’œuvres d’art.

Ainsi se présente la lame de fond qui a conduit le Pr Pangop, à la réflexion scientifique qui donne des clés de lecture et de compréhension esthétique et philosophique du monument baptisé « Nouvelle liberté ». Pour le cas particulier de cette « Nouvelle liberté », l’auteur, Sumegne, a voulu de manière symbolique, à travers le recyclage et la mise en valeur d’objets usagés, participer à la protection de l’environnement en luttant contre, (le désordre urbain, la pollution, les nuisances de toutes sortes), tous ces maux qui transforment nos agglomérations urbaines en villes-poubelles.

Le « Jala’a » renvoi à tout ce qui dépasse l’entendement.

Autrement dit, le « Jala’a » est une expression artistique qui vise la domestication du désordre urbain, et plus globalement de l’environnement, par l’esthétique du désordre. Autrement dit, à agencer des objets usagés dans un ordre précis, pour leur redonner vie. L’atteinte de cette ambition est d’autant plus plausible, qu’une œuvre d’art n’existe au sens philosophique du mot qu’à l’instant où le consommateur s’en approprie, à travers le regard qu’il y pose.

Si le monument de la « Nouvelle liberté » est le cinquième à être érigé quelque part à la surface de la terre, le mot « Jala’a » en Bamendjou, langue maternelle de l’artiste Sumegne, interpelle toute chose qui dépasse l’entendement. Après la présentation de la note de lecture faite par le Pr JJ Rousseau Tandia, le public a retenu que l’approche pédagogique utilisée par l’essayiste a permis de lever le voile sur le « Jala’a », conçu comme art total où les significations sont toujours intransitives. De plus, la forme pyramidale du monument semblant exprimer une tentative des sociétés bamiléké, de se reconnecter à l’Egypte pharaonique.

vue partielle de la salle

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