Le confrère Lazare kolyang à travers ce texte apporte un témoignage clair de la grande proximité de ce leader politique avec les médias au Cameroun de par sa disponibilité et son dévouement.
Anicet Ekané était un homme proche de tous. Si les militants du MANIDEM le considéraient comme un guide, les journalistes des années 2000, eux, le voyaient comme un interlocuteur privilégié, presque un collègue. Ses conférences de presse étaient des moments très courus : on y venait pour la passion de ses idées, la vigueur de ses analyses, mais aussi pour son souci constant de vulgariser les problématiques qui touchaient les Camerounais.
Ses prises de position contre les délestages d’AES-Sonel, contre les injustices sociales, ou contre toutes les formes d’abandon des populations faisaient toujours écho dans l’opinion.
Nous avons beaucoup appris à ses côtés. À l’école des cadres du MANIDEM, avec lui, Abanda Kpama, Banda Kani, Mpouma, Dikoumé, — et comme de nombreux autres journalistes— nous avons découvert bien plus que des doctrines. Certes, on y étudiait le marxisme, le capitalisme et d’autres philosophies politiques. Mais ce que nous y recevions surtout, c’était une leçon d’audace, un appel à la pensée critique, à l’indépendance intellectuelle, au courage de la parole publique.
Anicet Ekane était partout : dans les salles de rédaction, sur les plateaux de radio et de télévision, dans les longs entretiens qu’il accordait à la presse écrite. Il répondait à toutes les questions, sans détour, sans calcul, avec cette disponibilité rare qui force le respect.
l aimait aussi partager spontanément les enseignements recueillis lors des universités d’été du Parti socialiste, où il était invité régulièrement. Ces échanges étaient toujours des moments de grande richesse, tant pour son parti que pour les professionnels des médias.
Un camarade est parti, mais un héritage demeure : celui d’un homme qui croyait profondément à la force des idées, à l’importance de la formation politique, et au rôle essentiel de la presse dans la construction d’une société plus juste.





