«Depuis 2003, le Cameroun n’a plus eu d’équipe de football», Idrissou Mohamadou

Sans ambages, l’ancien Lion Indomptable, Idrissou Mohamadou, a égrené le chapelet de maux qui ont détruit l’équipe nationale du Cameroun. Il était, il y a un an, l’invité de l’émission « Autant le dire » diffusée  sur Naja TV, un média en ligne. Pour  le finaliste de la Coupe des confédérations 2003, le Cameroun n’a plus eu une réelle équipe depuis 2003.

Extrait

Quand le football ne fonctionne pas en haut, ça ne fonctionne pas en bas. Nous en bas, on est des footballeurs. Tu ne peux jouer et parler. Ça c’est deux choses différentes. Dans notre pays, on mélange le foot avec le bavardage. Ça casse tout, on se casse nous-mêmes. Je vais être clair. L’équipe nationale, c’est nous qui avions gâté notre pays. On a un gouvernement qui nous donne la vie qu’on veut. Je me rappelle la coupe d’Afrique qu’on allait en 2008 au Ghana. Je suis quelqu’un qu’on ne bat pas deux fois. Si Dieu décide que tu vas me battre deux fois, tu me bats, j’accepte. Mais celui qui mouille le maillot ne doit pas perdre. Je suis le seul africain qui a joué sept derbys. Je n’ai jamais perdu un derby. Ce n’est pas le derby de Union de Douala contre Sable de Batié ou Racing contre Sable de Batié. Non ! (…) On a une sale mentalité, nous les camerounais. C’est ça qui nous gâte. J’ai été à la coupe d’Afrique 2008 contre l’Egypte dans la même poule. L’Egypte nous a fracassé 4-0 ou je crois 4-1. A la fin, je rencontre l’Egypte. Qu’est-ce que je dois faire devant une équipe qui m’a gagné en poule. Je ne dois pas dire les détails. Une équipe ne m’a jamais gagné deux fois sauf le Bayern de Munich. J’ai joué dans un championnat qui n’est pas le championnat de France où Paris tabasse tout le monde. Quand tu viens chez nous, tu dois savoir que tu n’es pas chez toi. Tu dois vraiment jouer pour gagner. Mais nous, on fait que des conneries. Des joueurs qui viennent en équipe nationale à 9h30 et qui sortent des entraînements à 10h00. Ce n’est pas le foot. Regardez où on est aujourd’hui. On est derrière tout le monde. Le football ce n’est pas la bouche. (…) Depuis 2003, on n’a pas d’équipe. On a que des délinquants. Même si on ne s’entend pas, quand il y a match, on doit jouer. On ne s’entend pas, on ne se dit pas les vérités en face, on parle derrière et enfin, c’est nous qui semons les problèmes. On se trompe nous-mêmes. Tu n’as pas besoin de m’aimer, on n’est pas de la même famille. On joue ensemble et après 90 minutes, chacun prend sa route. Mais là on joue en oubliant qu’on est en train de gâter notre pays. C’est pour notre pays qu’on joue. On est camerounais, on défend les couleurs de l’équipe nationale du Cameroun. Si c’est la qualité des joueurs, on a tout ce qu’il faut mais l’équipe c’est le désordre. Je raconte ce que j’ai vécu. Je ne raconte pas ce que les gens me disent au téléphone. Je ne suis pas dans leurs conneries où le gars appelle l’autre, il faut payer un journaliste pour qu’il parle bien de toi. (…) En 2010, on a passé le temps à faire des réunions. Pour moi, la réunion au foot, c’est l’entraînement. Mais on a fait que des réunions, on ne s’est pas préparés. Entre nous les joueurs et le ministre vient aussi. Tu ne t’entraînes pas, tu ne peux pas gagner. On ne s’est pas entraînés deux fois successives. On a que des problèmes, on fait des réunions, on attend l’autre, l’autre ne vient pas  

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