Le consultant et économiste soutient les raisons pour lesquelles Joshua Osih peut battre le candidat du RDPC.
Comme d’habitude, la campagne électorale du Cameroun s’enfonce dans la diversion, le folklore et le falbala. On attendait davantage un débat sur les programmes et le profil des gens capables d’adresser efficacement les principaux défis auxquels le Cameroun est confronté. Mais aujourd’hui, la campagne se noie dans des tractations opportunistes ou sur fonds de revanche ethno-régionale dont l’efficacité opératoire est totalement nulle dans notre contexte.
Peu de gens évoquent les principaux défis qui attendent le nouveau Chef de l’État, et qui sont pourtant clairs :
1. LA CRISE ECONOMIQUE
La crise économique, longtemps niée, gagne en intensité, en dépit des Programmes Economiques et Financiers signés avec le FMI en 2017. Les indicateurs fondamentaux poursuivent leur dégringolade, avec une dette publique qui explose à 14.000 milliards, et une dette extérieure de plus de 11.000 Milliards, face à un déficit structurel de la balance courante, qui enlève toute perspective de remboursement, à moins de recourir à de dures politiques d’austérité et une dévaluation sévère du CFA, comme le présage la réunion en urgence des Chefs d’Etat de la CEMAC l’an passé.
QUESTION : qui, parmi les candidats, aura le courage et la légitimité de mener ce programme d’austérité à partir de 2026, avec des coupes douloureuses sur les salaires ou une dévaluation du CFA ? Et surtout, qui va mettre fin çà cette spirale infernale de crises qui se succèdent l’une à l’autre, au travers des réformes fondamentales sur la Monnaie et sur les politiques spatiales ?
2. L’ILLIQUIDITE DU TRESOR PUBLIC
La Trésorerie de l’Etat est trop contrainte, et ne peut répondre aux besoins d’entretien et de maintenance des infrastructures qui se délitent, comme le réseau routier ou l’enlèvement des ordures, et même se révèle incapable de supporter les dépenses basiques d’une administration que sont le paiement régulier des salaires, les missions et les divers arriérés dus aux agents publics et aux entreprises. Les dépenses liées à l’insécurité explosent et l’Etat est obligé de recourir compulsivement à l’endettement, y compris pour le fonctionnement et l’investissement dans le domaine social, sans véritable perspective de remboursement.
QUESTION : quel est le candidat dont le programme et le profil laissent espérer des mesures adéquates, souvent radicales pour mettre fin à l’incapacité du Trésor Public à entretenir les infrastructures collectives tout en assumant les missions régaliennes telles que le paiement des salaires et la lutte efficace contre l’insécurité ?
3. LA CRISE ANGLOPHONE
Depuis 2016, soit 9 ans, des Groupes Séparatistes ont pris les armes pour imposer la Sécession de l’ancien Cameroun Anglophone. Le Gouvernement a cru résoudre le problème par la force, mais on voit bien que cette stratégie n’a pratiquement rien arrangé. Rien que ces deux dernières semaines, les Séparatistes ont poursuivi leurs exactions, tuant une dizaine de personnels des Forces de Défense et de Sécurité et imposant un sévère lock-down que n’arrive pas à desserrer le Gouvernement, malgré une débauche d’efforts militaires.
QUESTION : quel candidat sera capable de réinstaurer le fédéralisme, sans le moindre faux-fuyant, sans tergiversation, car seul le fédéralisme formel, de JURE permet de conjurer une Sécession de cette ampleur ? Les alternatives du type « statut spécial » ne font qu’envenimer la situation, car souvent d’inspiration française, elles confortent les Séparatistes dans leur conviction d’avoir été colonisés par les Francophones.
4. LA POLARISATION ECONOMIQUE
Yaoundé et Douala représentent 30% de la population, mais concentrent plus de 90% des guiches de financement, plus de 95% de la masse monétaire, plus 80% de fonctionnaires, etc. L’habitant de Yaoundé et de Douala est 8 fois plus riche que le Camerounais moyen. La conséquence est la transformation du reste du Cameroun en un désert économique qui ne peut valoriser les dotations factorielles de chaque Région. Simultanément, Yaoundé et Douala se retrouve confrontée à une croissance exorbitante qui déborde totalement les capacités de régulation et de contrôle du système institutionnel.
QUESTION : Quel candidat sera capable de briser l’égoïsme et l’égocentrisme de la bureaucratie centrale de Yaoundé et de transférer physiquement les ressources financières et humaines dans les Régions, afin qu’elles y soient consommées et développent les activités dans ces Régions ?
- L’INOPERATIONNALITE DES INSTITUTIONS
Nos institutions sont marquées par la confusion des rôles, le chevauchement des compétences et une opacité dans le partage des responsabilités. Le Parlement, réduit à une simple caisse d’enregistrement, se retrouve incapable d’initier la moindre loi ou de débattre des problématiques aussi fondamentales que la crise anglophone. Le Premier Ministre est mis entre parenthèses par les « hautes instructions » et le Palais Présidentiel est devenu une boite noire dont personne ne peut décrire le fonctionnement. La Justice elle-même n’a pas les coudées franches et ne peut sévir contre les multiples dérives de captation de l’Etat par des réseaux privés.
QUESTION : quel est le candidat qui, par son programme et son profil personnel, peut mettre fin à ce genre de fonctionnement de l’Etat, où les institutions en sont qu’un décor ?
6. LE COMMUNAUTARISME POLITIQUE
La vie électorale du Cameroun reste plombée dans un communautarisme radical, avec des suffrages qui recoupent systématiquement des espaces sociologiques bien définis et surtout, un pouvoir central qui contrôle tous les 7500 milliards du pays et les 35.000 postes de gestion, et dont la conquête ou le maintien apparait comme un enjeu de mort, ne s’exprimant qu’en termes de rotation tribale et de bras-de-fer entre les Régions.
QUESTION : quel est le candidat dont l’objectif est de démanteler ce pouvoir monstrueux et démoniaque, principale source de conflits et de haine, pour le disperser aux Régions, afin de le confiner à des activités stratégiques nécessaires pour la Nation ?
7. LA DEFAILLANCE DES POLITIQUES SOCIALES
La situation sociale du Cameroun se caractérise un chômage massif, notamment de la jeunesse, et des revenus faibles des ménages, par le fait d’une croissance économique atone, déclenchant une paupérisation des populations, une importante émigration irrégulière particulièrement meurtrière, sans compter l’insécurité ambiante qui prend des formes de plus en plus explosives comme le phénomène des « microbes ».
QUESTION : Quel le programme novateur qui tranche avec les politiques publiques du régime de Biya et qui est capable de restaurer une croissance saine, porteuse d’emplois et de revenus décents ?
Voilà en gros les enjeux des élections présidentielles et les Camerounais devraient choisir le candidat capable de répondre à ces défis, à travers son programme et son profil.
Qu’en est-il maintenant des candidats et de leur programme ?
POUR UN CHOIX ECLAIR
Un programme se caractérise par sa profondeur stratégique et sa puissance heuristique, autrement dit, sa capacité à surmonter les défis identifiés avec une grande efficacité. Il ne s’agit pas d’opposer à chaque défi une solution spécifique, mais de voir comment une batterie de solutions peut permettre de résoudre un grand nombre de problèmes à la fois.
Ainsi, l’adoption d’un modèle fédéral bien conçu et bien négocié résout simultanément le communautarisme politique et la polarisation économique tout en atténuant la crise anglophone.
De ce point de vue et parmi les programmes que j’ai eus à analyser, je dois dire que le seul qui me parait le plus approprié pour faire front à ces défis est, et de très loin, celui de Joshua Osih.
La campagne électorale doit donc se présenter comme un tête-à-tête entre deux candidats :
-BIYA BI MVONDO Paul Barthelemy, ancien Etudiant de l’Institut des Hautes Etudes d’Outremer, avec pour Diplôme « Administrateur des Colonies de la France d’Outremer », Président de la République depuis 42 ans et le plus vieux Chef d’Etat d la planète
-OSIH NABANGUI Joshua, titulaire d’un MBA, entrepreneur dans le domaine de l’aviation, Député de la Nation.
Dieudonné Essomba





