La signature d’une convention d’assistance technique entre Élections Cameroun (Elecam) et le système des Nations unies, pour un montant de 3 milliards FCFA, continue de susciter des polémiques.
Critiquée par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et le Parti uni pour la rénovation sociale (PURS), cette initiative est perçue par certains acteurs comme une ingérence étrangère dans le processus électoral national.
Dans un point de presse, le président du Conseil électoral d’Elecam, Enow Abrams Egbe, a fermement rejeté toute idée de transfert de la gestion des scrutins à une organisation extérieure. « Il est important de préciser qu’au Cameroun, les opérations électorales sont entièrement financées par le Trésor public », a-t-il indiqué, rappelant que la convention signée le 9 mai à Yaoundé s’inscrit dans le cadre de l’appui technique apporté par l’ONU à ses États membres.
Selon lui, cette assistance, qui mobilisera six agences onusiennes (dont le PNUD, ONU Femmes et l’Unesco), vise à soutenir le cycle électoral 2025-2027, comprenant l’élection présidentielle, les élections des conseillers régionaux, ainsi que le double scrutin législatif et municipal. Il précise que cette coopération s’ajoute à d’autres initiatives similaires, comme la récente mission de l’Union africaine effectuée à Yaoundé pour explorer des possibilités de partenariat électoral.
Cependant, cette démarche fait l’objet de vives critiques. Le MRC de Maurice Kamto, a publié un communiqué le 14 mai dénonçant une opération risquée. Selon le parti, cette convention pourrait rappeler des souvenirs de l’ingérence de l’ONU lors du processus électoral en Côte d’Ivoire en 2010, qui a conduit à une crise post-électorale meurtrière. « Les Africains et les Camerounais ont encore en mémoire cette ingérence regrettable de l’ONU, qui a contribué à une des pires crises du genre au XXIe siècle », peut-on lire dans leur déclaration.
Le MRC déplore également le manque de transparence autour de cet accord, soulignant que ni Elecam ni l’ONU n’ont communiqué officiellement sur cette signature, alors que le pays s’apprête à organiser la prochaine élection présidentielle. « Cette opacité est inacceptable et suscite des inquiétudes quant à l’indépendance du processus électoral », critique le parti.
Le PURS, sous la houlette de Serge Espoir Matomba, s’aligne également contre cette initiative. Dans un communiqué du 16 mai, le parti dénonce « vigoureusement l’ingérence des Nations unies » et s’interroge sur sa légitimité dans un contexte où la souveraineté nationale est mise en cause. « Pourquoi l’ONU intervient-elle alors qu’elle n’a pas résolu ses propres crises électorales dans d’autres grandes puissances comme la France ou les États-Unis ? », s’interroge le parti.





