Dans cette sortie de nos confrères de CFOOT, il est clair que les présidents de Clubs de footall au Cameroun ne sont pas considérés à leur juste valeur et pourtant au prix de sacrifices personnels colossaux, ils mettent tout en œuvre pour promouvoir ce sport roi.
Contrairement aux idées reçues, ces hommes et femmes ne sont pas le problème du football camerounais ; ils en sont, bien au contraire, les derniers remparts.
Au Cameroun, diriger un club de football relève plus de l’apostolat que de la gestion d’entreprise. Dans un écosystème normalisé, les clubs vivent de trois piliers : la billetterie, le merchandising et, surtout, les droits de télévision et les retombées des sponsors fédéraux. Or, la réalité du terrain est brutale :
▪️Absence de droits TV : L’argent issu de la diffusion des matchs reste un mirage pour la grande majorité des clubs d’Élite 1 et 2.
▪️Sponsoring centralisé : Les retombées des partenaires majeurs de la Fédération tardent souvent à ruisseler jusqu’aux acteurs de base, quand elles ne sont pas purement et simplement absentes des caisses des clubs.
En l’absence de ces revenus structurels, c’est le patrimoine personnel des présidents qui est sollicité. Ils sont ceux qui paient les salaires, louent les bus pour les déplacements interminables sur les routes du pays, assurent les frais médicaux et logent les joueurs. « Ce n’est plus de la gestion, c’est du mécénat de survie. Chaque week-end de compétition est une victoire financière avant d’être une victoire sportive. »
nvestir des millions de FCFA chaque année sans aucun espoir de retour sur investissement immédiat demande une résilience qui frise la déraison. Ce sont eux qui maintiennent la flamme du football local allumée, permettant à des milliers de jeunes camerounais de rêver d’une carrière professionnelle.
Pourquoi ils ne sont pas le problème
On a souvent tendance à pointer du doigt la gestion parfois artisanale de certains clubs. Mais peut-on exiger un professionnalisme de standard européen alors que les outils de base — à savoir le financement institutionnel font défaut ?
Blâmer les Présidents de clubs pour les maux du football camerounais revient à reprocher à un conducteur de ne pas avancer alors qu’on lui refuse le carburant. Ils ne sont pas le frein ; ils sont le moteur qui tourne à vide, s’épuisant pour éviter que la machine ne s’arrête définitivement.
Un hommage nécessaire
Il est temps de changer de paradigme et de saluer ces investisseurs passionnés. Sans leur abnégation, les championnats s’arrêteraient demain, et le réservoir de talents qui fait la fierté du Cameroun se tarirait. Le véritable chantier ne réside pas dans la critique de ces dirigeants, mais dans la mise en place d’une véritable économie du football où les droits TV et les contrats de sponsoring arrivent enfin à destination. En attendant, ces présidents méritent le respect de la nation sportive.





