Georges Dougueli demande à Paul Biya de libérer les prisonniers politiques. Le journaliste de Jeune Afrique encourage les électeurs à « marchander » leur bulletin contre des engagements fermes. Par ailleurs, Georges Dougueli affirme qu’Issa Tchiroma, s’il devient président, saura ouvrir les portes des prisons et lancer un processus de pardon et de réconciliation.
Lire sa sortie :
Monsieur le Président, libérez les prisonniers !
Un président sera élu dimanche prochain. Ne lui accordez surtout pas un chèque en blanc. Il est encore temps de «marchander» votre bulletin de vote non pas contre un pain et une sardine mais contre des engagements fermes. Votez pour celui qui s’engagera, notamment, à :
1-Libérer tous les prisonniers de l’opération Épervier condamnés pour un crime économique, qui ont déjà passé plus 10 ans en prison. On y ajouterait ceux qui sont atteints d’une pathologie (médicalement prouvée) de longue durée ou qui soit incompatible avec le régime de la détention. Je pense à Marafa Hamidou Yaya, Jean Marie Atangana Mebara, Urbain Olanguena Awono, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Gilles-Roger Belinga, Alphonse Siyam Siwé et bien d’autres. Après plus de dix années de réclusion criminelle, ces personnes ont payé leur dette à la société.
Accordez-leur la grâce ! Les maintenir en prison n’a aucune utilité. Ils ne représentent aucun danger pour la société. Laissez-les reprendre leur vie auprès de leurs familles. Il est temps de mettre le Pardon au centre de la vie politique pour une société apaisée. Cette violence d’Etat ne doit pas s’exercer au nom des Camerounais qui n’en demandent pas tant ! Si Issa Tchiroma est élu, je n’ai aucun doute, il ouvrira grand les portes des prisons. Si c’est Paul Biya qui est réélu, qu’il prenne enfin la mesure du piège dans lequel il s’est lui-même enfermé en refusant de pardonner à Ahidjo. Piège qui l’empêche d’envisager une retraite paisible à Mvomeka’a.
Et qu’il prenne garde à ne pas laisser le système judiciaire produire de l’injustice.
2- Libérer tous les prisonniers politiques : Olivier Bibou Nissack, Alain Fogué et tous les militants du MRC détenus.
3-Libérer tous les prisonniers Anglophones : Sisiku Ayuk Tabe, Mancho Bibixi, Conrad Tsi et les autres : selon Amnesty international, plus de 1 000 personnes anglophones arrêtées entre 2016 et 2021 en relation avec la crise anglophone sont incarcérées dans au moins 10 prisons dans le pays, dont 650 à Buea, 280 à Yaoundé, 181 à Douala et 101 à Bafoussam.
Chers tous, donnez un sens à votre vote. Ne gaspillez pas votre voix. Votez pour des valeurs nobles. Votez pour que vos enfants soient fiers de vous.



