Guerre dans le NoSo : Le théorème de la guerre s’appliquera-t-il?

Un théorème, en mathématiques et en logique, est une assertion qui est démontrée, c’est-à-dire qui a été établie comme vraie à partir d’autres assertions déjà démontrées ou des axiomes, c’est-à-dire des propositions dont l’évidence de vérité est somme toute logique.

La guerre n’échappe pas à cette vérité. De sorte qu’il est vrai, c’est cela le théorème, qu’aucune guerre ne s’achève EN DEHORS d’une table ou plutôt hors d’un verre.

D’aucuns diront, de mauvaise foi absolument, qu’il y a, non pas une guerre dans le NoSo, mais une crise. C’est un jeu des maux comme aiment à le faire ces hommes bien de là-bas. Il n’en reste pas moins que les conséquences, qu’il s’agisse de guerre ou de crise sont les mêmes : des déplacés, des blessés, des morts, et toutes sortes de meurtrissures, suite à des échanges de coups de feu entre deux parties opposées. Comment doit-on donc nommer ça ?

Venons-en au fait, après plusieurs années de déni, un pas vient d’être franchi par le pouvoir de Yaoundé qui dit vouloir dialoguer sur tout, excepté sur la sécession. L’annonce a été faite à Bamenda par M. Jion Ngute, l’envoyé de M. Biya qui n’a fait que ça depuis le début du conflit en 2016 : envoyer des gens !

Mais, rien, ni personne ne peut croire en la volonté de décrisper la situation en l’état. Car, les annonces, il y’en a bien eu au Cameroun, et la moindre n’est pas la proclamation solennelle de la tenue de la CAN 2019 par une pirouette qui restera à jamais gravée dans les belles annales de la littérature politique au Cameroun : « La CAN aura lieu le jour dit : je m’engage personnellement ! ».

En effet, ce n’est pas être pessimiste, ni sceptique que de douter de la volonté des tenants du pouvoir de Yaoundé de dialoguer. Car, à ce stade, rien n’est encore clair : ni le forma du dialogue, ni le calendrier, ni le contenu, encore moins le contenant. L’on reste encore au niveau des effets d’annonce et au stade de la politique-spectacle qui malheureusement continuent de féconder des morts et des déplacés par centaines de milliers. Et, le discours de ceux qu’il convient dorénavant de qualifier d’idéologues du régime n’a pas changé : « nous ne comptons pas les morts, nous comptons les camerounais actifs tous les jours (…) » dira l’un d’eux, qui s’est par la suite amendé, ce qui est méritoire. Et l’autre de renchérir : « il ne peut y avoir de dialogue avec des personnes qui ont pris les armes contre la République ! »

Cela est contradictoire puisque si l’on parle de dialogue, c’est pour arrêter la guerre/crise. Or, elle est née de ce que certains ont pris des armes. Comment donc l’arrêter s’ils ne sont pas associés ? Comment dialoguer avec des personnes qui ne menacent pas la stabilité de l’État et penser que l’État demeurera un et indivisible ? Comment désarmer alors qu’on n’a pas des armes ? Contradictoire, n’est-ce pas ?

Qu’il soit clairement dit en passant, il n’existe aucune guerre sans entregents et il n’existe aucun entregent sans intérêt. Or encore une fois, seuls les acteurs directement ou par personnes interposées peuvent faire taire les armes. Ce qui passe par des choses simples : parler, parler vrai, et consigner le résultat de la parole sur le marbre de la Constitution avec effet immédiat. Et cela ne peut se faire qu’autour d’une table, avec tous les enfants du Cameroun, sanctionnée par ce que les africains CRAIGNENT le plus : « le cadi du verre ».

Là se trouve le théorème de la guerre, mais « le Cameroun étant le Cameroun », ce théorème conservera-t-il sa fonction de vérité vraie sous nos cieux ?

Emmanuel Mimbè.

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