« La CAN n’est pas un évènement sportif »

Le journaliste des sports Martin Camus Mimb estime qu’au-delà de l’aspect sportif, la CAN est une rencontre diplomatique qui acquiesce à chaque État de montrer son combat pour la plénitude de sa jeunesse.

« LA CAN NEST PAS UN ÉVÉNEMENT SPORTIF

Je sais que ça va choquer certains de lire une déclaration aussi péremptoire. Mais c’est pour aérer leur esprit et faciliter la compréhension de certaines choses. La CAN est au départ de sa création, un outil politique qui doit permettre aux politiques de se déployer sur le terrain des passions footballistiques. C’est pourquoi elle est soutenue au départ et avec force, par les Gamal Abdel Nasser et autres Nkrumah. Je le développe suffisamment dans un livre que je viens de boucler et qui est en cours de parution avec un titre évocateur « Football africain : le but politique ».

Pourquoi je le rappelle en ce moment, parce que je lis la presse africaine et je vois les indignations naïves sur les moyens déployés par les États pour les sélections nationales. Cela ne date pas d’aujourd’hui et c’est la preuve que la Can est un rendez-vous diplomatique qui permet à chaque État de montrer son « amour » pour l’épanouissement de sa jeunesse. Vous voulez voir les chiffres des droits de retransmission payés par les États? Vous trouverez dans mon livre.

Mais à votre avis pourquoi un tel investissement ? Il faut occuper les jeunes à autre chose. Parce que logiquement très peu de pays ont un marché publicitaire capable d’amortir l’investissement d’achat de ces droits. Mais la préoccupation est simplement politique. Et c’est pourquoi même lorsque les chaînes privées piratent le signal des chaînes publiques, les gouvernements calment le jeu de la colère, parce qu’il y’a derrière des calculs politiques qui dépassent le simple cadre de l’exclusivité. Sans même le souci de la réglementation moderne qui les exposent à des sanctions.

La préoccupation des États en Afrique n’est donc pas la rentabilité financière. Mais l’assurance que le feu des contestations qui couvent sous la cendre, peut être circonscrit par le cadeau des passions illimitées. Le football en Afrique n’a pas de marché de rentabilité. Mais une parade de visibilité politique. La Caf le sait. La FIFA le sait. Ne faites pas semblants d’être nés en 2025. Le football est nourrit par la politique qui y puise à volonté les gilets pare-balles des mécontentements ou les extincteurs des feux sociaux. Ce n’est jamais pour espérer un retour sur investissement.

Les footballeurs deviennent de simples mannequins des ambitions politiques de leurs pays et des retombées financières de l’organisateur qui a compris que la mamelle était bourrée de lait. Seul le public vibre en vrai, au rythme des émotions et des victoires. Parce qu’on a su le conduire au marché du patriotisme où on lui vend l’irresponsabilité et l’incapacité des joueurs, la légèreté des dirigeants, mais jamais ou rarement les politiques qui savent trouver le filon du dédouanement. Qu’à cela ne tienne, le ballon bondit et le public saute. Comme d’habitude.
Le patron a parlé. Copiez!

Martin Camus MIMB »

 

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie: , ,

Le sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal Pape Thiaw dans un message plein d’émotions est revenu sur les raisons pour lesquelles il a demandé à

Le journaliste dans cette sortie estime que la révision constitutionnelle de 2008 a ouvert les vannes de la déchéance actuelle du Cameroun. « LA PRÉSIDENCE

Dans cette sortie de la stratège en communication Mireille Fomekong, il est clair que les raisons de la mise aux verrous d’Olivier Bibou Nissack n’ont

Quelques jours après le terme de la 35 e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le Roi du Maroc Mohamed 6 vient de faire

Il a révélé des artistes, aujourd’hui Foly Dirane a besoin d’aide. Selon des informations rapportées par Serge Tamba, l’ex-animateur vedette de la CRTV, Foly Dirane,

Dans cette sortie, le président exécutif du Parti Héritage, estime que le gouvernement doit impérativement se pencher sur l’impact social du football sur la jeunesse.