« La monde n’est pas gouvernée par le droit, mais par la puissance »

Dans cette sortie du Pr Vincent Sosthène Fouda, il commente l’actualité brûlante au Venezuela avec l’arrestation du président Nicolas Maduro.

« L’actualité internationale nous rappelle une vérité que les idéalistes refusent de voir : la scène mondiale n’est pas gouvernée par le droit, mais par la puissance. Les États n’agissent pas selon des principes, mais selon leurs intérêts. C’est la leçon froide, implacable, que Hans Morgenthau n’a cessé de nous enseigner.

Lorsqu’une grande puissance intervient militairement dans un pays souverain, lorsqu’elle s’autorise des opérations extraterritoriales contre un dirigeant étranger, ce n’est pas une rupture de l’ordre international : c’est l’ordre international.

Un ordre où la morale est un langage diplomatique, non un moteur de décision.

Un ordre où la non‑ingérence est invoquée quand elle arrange, oubliée quand elle contrarie.

Le droit international existe, certes, mais il ne possède ni armée, ni police, ni capacité coercitive. Il ne peut limiter un État que si cet État accepte volontairement d’être limité. Dès lors qu’une puissance estime que ses intérêts vitaux sont en jeu, elle agit. Et elle agit seule.

C’est la logique du système : anarchie, compétition, survie.

Les réactions indignées, les appels à la légalité, les invocations de la souveraineté ne changent rien à cette mécanique. Elles relèvent de la morale, non de la stratégie.

Or la politique internationale n’est pas un tribunal : c’est un champ de forces.

Ce que nous voyons aujourd’hui n’est pas une dérive.

C’est la continuité d’un monde où les rapports de puissance priment sur les principes, où les États faibles subissent, où les États forts décident, et où les institutions internationales tentent de sauver les apparences.

La seule question qui vaille, dans la grille de Morgenthau, est simple :

Quels intérêts sont en jeu, et qui possède la capacité de les imposer ?

Tout le reste — indignation, rhétorique, condamnations — appartient au domaine du discours, non à celui de la réalité.

(C) Vincent‑Sosthène FOUDA »

 

 

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