L’avocat de Tchiroma dévoile les actions à mener pour faire fléchir le régime Biya.
L’un des avocats d’Issa Tchiroma, le franco-mauritanien Maître Jemal Taleb, a annoncé que le collectif de défense entend appuyer sur plusieurs leviers juridiques, judiciaires et politiques pour contester la réélection de Paul Biya et faire « plier » le pouvoir en place. Les déclarations de Me Taleb interviennent alors que Paul Biya s’apprête à prêter serment pour un huitième mandat, validé par le Conseil constitutionnel.
Interrogé par nos confrères de Quotidien Life, Me Jemal Taleb a dit ne pas craindre la suite des événements : « Pas question de reculer », a-t-il déclaré. L’avocat inscrit au Barreau de Paris a par ailleurs confié que le collectif dispose de noms « de ceux qui commettent des crimes au Cameroun, et de ceux qui donnent des ordres ». Il a averti que les avocats n’hésiteront pas à porter certaines affaires devant des juridictions internationales.
Selon Me Taleb, les manifestations et les « villes mortes » organisées à travers le pays ne constituent que l’un des volets de la stratégie. Le camp Tchiroma s’appuie aussi sur une compilation de procès-verbaux et de données de terrain qu’il présente comme des preuves d’un basculement dans les chiffres officiels publiés après le vote. Le collectif réclame notamment la transparence et la possibilité d’un audit indépendant des procès-verbaux afin de confronter les chiffres de terrain aux comptes officiels.
Maitre Jemal explique que même si Paul Biya prête serment, cela ne mettrait pas fin à la bataille : « Issa Tchiroma va se battre avec le peuple camerounais ; il ne compte pas capituler », a-t-il expliqué.
Sur le plan judiciaire, Me Taleb a évoqué la possibilité de porter devant la Cour pénale internationale (CPI) des dossiers liés à des répressions violentes ou à des exactions commises à l’encontre de manifestants. Il a demandé à la communauté internationale d’observer et de documenter la situation post-électorale afin de prévenir toute impunité.
Enfin, le collectif d’avocats promet d’user d’un faisceau d’outils : recours nationaux, demandes d’audits, mobilisation de l’opinion publique internationale, constitution de dossiers internationaux et pressions diplomatiques. Me Taleb a insisté sur la nécessité d’un front uni entre leadership politique et société civile pour que ces leviers produisent un effet réel sur la scène politique camerounaise.




