Jean Ediegnie, observateur de la scène sportive camerounaise revient sur les rétropédalages de certains compatriotes et acteur sociaux importants au Cameroun et dans la diaspora sur la gestion de la Fecafoot pendant la coupe d’Afrique des nations au Maroc.
Mes chers compatriotes,
Le football est une passion si forte au Cameroun qu’elle efface souvent… la mémoire collective. Il suffit que les Lions enchaînent un ou deux bons matchs pour que beaucoup oublient aussitôt : les crises, les scandales, les humiliations et les tempêtes institutionnelles qui ont précédé. Et au milieu de cette amnésie nationale, un phénomène fascinant a fleuri :
Les retournements de veste. Des voix qui, hier encore, étaient parmi les plus farouches critiques de Samuel Eto’o… le découvrent soudain comme un stratège inspiré, presque prophétique — au point de rejoindre, au moins provisoirement, la chapelle de Tsinga.
On recommence à chanter trop fort. On recommence à célébrer trop tôt. On recommence à rêver… sans toujours regarder l’histoire en face. Alors asseyons-nous. Respirons. Et savourons ce Top 4 des plus beaux retournements de veste de la CAN 2025
N°1 — General Valsero
« Quand on regarde jouer Dany Namaso, on comprend que Marc Brys devait être limogé. Rien que pour ça, Marc Brys, tu méritais d’être limogé. Bien joué, Eto’o ! … » L’un des plus grands pourfendeurs du “Grand 9” qui applaudit désormais… debout.
N°2 — Henry Njalla Quan II
« Objectivement, la meilleure décision que Samuel Eto’o ait prise depuis 2021, c’est de confier la sélection nationale à David Pagou. La différence est claire ! Malgré les conditions difficiles, Marc Brys était un véritable désastre. Il faut l’admettre. »
Celui qui menait la fronde contre la FECAFOOT, désormais dans l’éloge public.
N°3 — Donald Ngameni (ancien président d’Unisport de Bafang)
« Samuel Eto’o, Monsieur le Président, je vous demande de pardonner Marc Brys. Votre combat est noble. »
Mention spéciale — J. Rémy Ngono
« D’ailleurs, même les Éléphants de Côte d’Ivoire étaient contents de faire match nul contre l’armée du Général Pagou ! » Lui qui tirait à boulets rouges… découvre soudain la poésie militaire.
En Conclusion :
Pagou récolte aujourd’hui dans un champ que Brys a cultivé dans des conditions inhumaines. Même système (défense à 3). Même base de joueurs. Même Namaso déjà lancé. Mais contexte institutionnel totalement différent. Hier, Eto’o était l’ennemi. Aujourd’hui, il devient stratège. Demain… nul ne sait. Mais une chose demeure : Nous sommes un peuple à la mémoire courte.
Nous brûlons nos idoles le lundi et nous les canonisons le vendredi. Nous réagissons avec le cœur… rarement avec la mémoire. Si — et seulement si — les Lions arrivent au moins en demi-finale, alors oui… cette CAN fera peut-être du bien à la Nation. Pas seulement au tableau d’affichage.
Mais dans notre manière d’être ensemble. Parce qu’au-delà des querelles, au-delà des égos, au-delà des vestes retournées… c’est le Cameroun qui gagne.





