Jean Ediegnie dans cette analyse fait une énumération des organismes étatiques qui se démarquent dans cet exercice infâme.
Mes chers compatriotes,
Au Cameroun, il existe une pratique que beaucoup connaissent… mais que très peu osent dénoncer publiquement. À l’approche de certains concours administratifs, des candidats sont orientés — souvent par des “passeurs” — vers des commissariats, brigades de gendarmerie ou autres circuits informels.
Là-bas, on leur demande d’ouvrir un compte.
👉 Le principe est simple :
Si le concours est “garanti” et que le nom sort, le réseau récupère l’argent déposé. Si le nom ne sort pas, l’argent est parfois perdu… ou remboursé partiellement selon les cas.
Ce système officieux, connu dans le langage courant sous le nom de “sécurisation”, touche plusieurs concours stratégiques.
Voici ceux qui, selon l’opinion populaire, seraient les plus exposés.
1- ENAM (Administration & Magistrature)
Quand l’accès à l’administration publique devient une affaire de réseaux ou de moyens financiers,
ce ne sont plus des serviteurs de l’État que l’on forme…
Mais des gestionnaires de rentes.
2- Écoles de Police
Un policier qui a payé pour porter l’uniforme ne cherchera pas à faire respecter la loi.
👉 Il cherchera à récupérer sa mise sur le terrain.
3- Concours de la Gendarmerie
Même logique.
Quand l’entrée est monnayée,
le service public devient un investissement à amortir.
4- Écoles Militaires (EMIA)
L’armée doit incarner la rigueur et le mérite.
Mais si l’accès dépend d’autres critères,
on fragilise la discipline dès le départ.
5- Concours de Douanes
Corps stratégique.
Mais aussi l’un des plus exposés aux tentations.
👉 Si l’entrée est achetée,
le passage des frontières devient une opportunité commerciale.
6-Greffiers
Les greffiers sont le cœur administratif de la justice.
Mais lorsqu’on paie pour y accéder :
👉 les dossiers avancent selon les moyens
👉 les procédures deviennent négociables
👉 et la justice prend le visage du plus offrant
7- ENS / ENSET (Enseignement)
Un enseignant qui a payé pour entrer n’enseigne plus par vocation.
👉 Il attend le moment de “se refaire”.
Cours de répétition, notes arrangées, ventes de fascicules…
L’école devient un marché.
8- FMSB / Facultés de Médecine
La santé est un sacerdoce.
Mais lorsqu’un médecin entre par arrangement :
– il fuit le service public,
– privilégie les cliniques privées,
– détourne parfois les patients vers ses intérêts.
Le malade devient un client.
9-Barreau du Cameroun (Avocats)
Quand l’accès à la robe noire devient une affaire de piston ou de moyens financiers :
👉 la défense devient sélective
👉 le droit devient un luxe
👉 et la justice un service premium
🔟-Écoles de Journalisme (ex : ESTIC)
Le journalisme est censé éclairer la société.
Mais si l’accès à la formation est lui-même corrompu :
👉 Que peut-on attendre d’un journaliste
qui a dû monnayer son entrée ?
Neutralité ?
Éthique ?
Indépendance ?
Difficile.
En Conclusion :
Quand l’accès à une profession devient un investissement,
le service public risque de devenir
un espace de retour sur investissement.
La lutte contre la corruption
ne commence pas au bureau.
Elle commence :
✔️ Au concours
✔️ À l’admission
✔️ À la formation





