L’hommage d’Aristide Mono au maire de la commune d’Obala décédé

Dans cette sortie, l’’universitaire fait un témoignage vivant de cet homme Simon Pierre Ediba, élu municipal dans la Lekié qui rendu et dont les services pour sa commune était perceptible, comme un élu municipal qui était à l’écoute de la population.

Hommage à Simon Pierre Ediba, feu Maire de la Commune d’      Obala L’homme qui avait cru en mon audace

Mai 2014. Je reviens tout juste d’Abidjan, après une session de formation intensive offerte par RFI et France 24. À l’époque, encore étudiant, je suis à la croisée des chemins : dois-je poursuivre mes études en cycle de recherche ou embrasser définitivement une carrière de journaliste ?

Mon expérience de contributeur anonyme pour divers journaux — dont certains parmi les plus insoupçonnés — m’avait déjà confronté à la réalité du terrain. Deux options s’offraient à moi : intégrer officiellement une rédaction et accepter une forme de dépendance dans un paysage médiatique où, malheureusement, la probité des patrons de presse est trop souvent sujette à caution, ou créer mon propre média. Fin 2015, je choisis l’audace : je fonde « La Voix de la Lékié », une presse départementale conçue comme un pont informationnel entre notre localité et le reste du monde.

Le succès est immédiat. Dès le premier numéro, le journal bénéficie d’une visibilité exceptionnelle grâce aux revues de presse de Vision 4 (présentée par Jean-Jacques Ze) et de Canal 2 International (présentée par Ghislain Pierre Essono).

C’est à cet instant précis que survient un geste qui marquera ma carrière. Quelques minutes seulement après la diffusion, mon téléphone sonne. Un numéro inconnu. À l’autre bout du fil, une voix chaleureuse :

« Bonjour mon cher Aristide Mono. Toutes mes félicitations. La Lékié avait besoin d’un tel journal. Tu as osé, bravo ! C’est ton père Simon Pierre Ediba, maire de la commune d’Obala. La mairie est prête à t’accompagner. »

Je reste encore aujourd’hui frappé par la spontanéité de cet appel. Alors que le journal n’était pas encore physiquement en circulation, le Maire m’appelait personnellement, à une heure très matinale, sans passer par aucun intermédiaire ou collaborateur. Il fut la toute première personnalité à me féliciter et à me proposer un soutien concret.

Quelques jours plus tard, il m’invitait à découvrir les chantiers de reprofilage des routes de sa commune. Il poussa la délicatesse jusqu’à affréter un véhicule pour me chercher au carrefour Messassi à Yaoundé. Pour le jeune journaliste que j’étais, cette considération était immense. Nous avons passé la journée ensemble, parcourant les localités d’Obala. Ce fut une immersion unique dans les réalités sociales et politiques du département.

En fin de journée, dans le village de Nkol Ondogo, chez un chef traditionnel, nous avons réalisé une interview sur la base de mes impressions de terrain. À cette occasion, il me remit une enveloppe de 150 000 FCFA à titre de soutien. Pour moi, c’était une somme colossale. Par la suite, il m’invita personnellement à la cérémonie de clôture des stages de vacances, m’introduisant auprès de sa chargée de communication, Méleine Nomo (Paix à son âme).

Une relation de confiance s’était établie. Pourtant, au moment de concrétiser un partenariat formel, je me suis rétracté. Par crainte que « La Voix de la Lékié » ne soit perçue comme un organe à la solde des élites, j’ai préféré annoncer la fermeture du journal. Le blocage venait de moi, et non de la volonté du Maire, qui n’avait toujours été que bienveillance.

Aujourd’hui, au-delà des débats sur sa gestion, je tiens à témoigner de l’homme : Simon Pierre Ediba était d’une humanité et d’une simplicité rares. Contrairement à certaines élites qui se comportent en « demi-dieux », il restait humble, assistait aux deuils des plus modestes sans aucun protocole et vouait un respect sacré aux journalistes. Il ne « blaguait » pas avec la presse ; il l’estimait.

Je ne commenterai pas les rumeurs entourant sa disparition. La seule certitude que je garde est la violence et l’ingratitude inhérentes au système politique du RDPC, un parti sans cœur.

Mais de Simon Pierre Ediba, je retiendrai l’image d’un homme profondément sociable.

Repose en paix, Monsieur le Maire.

 

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie: ,

Dans une sortie au ton rude, l’homme politique, analyste et promoteur de la plateforme Kawtal Abel Elimbi Lobe n’y est pas allé du dos de

Aimé Sadou, intervenant sur le plateau de Canal Presse sur Canal 2 International en tant qu’acteur de la société civile décrypte le caractère imprévisible du

Selon l’universitaire et homme politique Sosthène Vincent Fouda, la Conférence des évêques du Cameroun n’arrivent pas à jouer leur rôle. Il arrive que les Églises

Lors de son passage à l’émission Agora sur LTM TV, Achille Leudjo a donné son avis sur la lettre de remerciement du président de la

Sur le plateau de l’émission « Libre Expression » sur Info Tv, le professeur Owona Nguini est revenu en profondeur sur l’arbitrage très en privilège

Nabil Djellit, le consultant sportif sur la chaine cryptée Canal+ pense clairement qu’en quatre matches, le sélectionneur camerounais a remis les lions indomptables sur l’échiquier