Dans une récente sortie, le candidat Upc recalé des prochaines élections présidentielles d’octobre aborde une réflexion sur ce concept qui pour lui prête à équivoque.
« La société civile est une des notions les plus ambiguës du débat politique actuel. Pour les uns, la société civile se définit par opposition à l’Etat: le programme libéral, dit G. Sorman doit retracer en clair la frontière l’Etat et la société civile, la société civile étant l’ensemble des institutions (famille, entreprise, association…) où les individus Poursuivent des intérêts communs sans interférence de l’Etat et, selon des procédures qui leur sont propres, élaborent des valeurs spécifiques.
Pour d’autres, la société civile ne serait pas le simple envers de l’Etat mais au contraire le lieu où le privé et le public s’interpénètrent. Ces derniers récusent l’opposition entre l’Etat et la société civile et pensent qu’il y a l’autorité, de l’institution, de la loi dans la société civile elle-même. L’ambivalence du rapport de la société civile à l’Etat, qu’il soit d’extériorité ou de complémentaire, s’articule avec une double approche de la société civile, que les uns réduisent à sa dimension économique alors que d’autres insistent au contraire sur la nécessité de << valoriser toutes les dimensions non marchandes de la société civile.
Cette société civile, si souvent invoquée aujourd’hui et parée de multiples vertus – liberté, initiative auto-organisation, se caractérise donc par l’hétérogénéité de son contenu. L’histoire du mot permet de comprendre les sources de cette polysémie. Elle montre en effet que l‟ambiguïté du mot société civile n’est pas nouvelle et que la notion n’a jamais fonctionné de manière isolée mais qu’au-contraire sa signification a toujours été liée à celle d’une expression opposé ».





