L’interpellation sur l’idolâtrie envers Samuel Eto’o

Jean Ediegnie puisqu’il s’agit de lui, estime dans cette sortie que l’amour aveugle envers  le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) ne doit pas enlever tout élan de critique envers sa gestion du football au Cameroun.

Mes chers compatriotes, Avant toute chose, soyons clairs. J’aime Samuel Eto’o. Je l’ai étudié. J’ai même écrit un livre en son honneur en 2022 : « Papa Eto’o dévoile le secret de sa réussite à la jeunesse africaine ».  Un exemplaire VIP lui avait été envoyé par courrier recommandé. Un autre remis à Ernest Obama, son bras droit à l’époque.

Je l’ai pris comme modèle de réussite pour la jeunesse africaine. Donc quand je parle aujourd’hui, ce n’est ni par haine, ni par jalousie, ni par frustration. C’est par cohérence.

Voici donc 5 petites choses que j’aimerais rappeler avec amour à ceux qui le défendent sans nuance

1- Samuel Eto’o ne vous appartient pas

À chaque fois qu’on évoque sa gestion, certains se transforment en bouclier humain. Comme si Samuel Eto’o était une propriété privée.

Pourtant :

– Sa famille directe ne passe pas ses journées à attaquer les critiques.

– Son frère David Eto’o reste discret.

Quand on parle aujourd’hui, ce n’est pas pour salir.

C’est pour prévenir.

3- Samuel Eto’o n’est pas un dieu

Il a droit à l’erreur.

Mais il a aussi le devoir de rendre des comptes.

Quand on parle :

– du manque de lisibilité dans certaines sélections,

– de décisions précipitées,

– d’organisation approximative autour de nos équipes nationales,

– de résultats insuffisants dans certaines compétitions, ce n’est pas un crime.

C’est un débat sportif normal. Aimer un leader, ce n’est pas nier ses erreurs. C’est l’aider à les corriger.

4- Arrêtez de le présenter comme un opposant au régime

On ne peut pas à la fois :

– dire qu’il a fermé des robinets,

– le présenter comme un révolutionnaire isolé,

– et oublier qu’il est reçu au plus haut niveau de l’État.

La réalité est plus complexe. La Fecafoot fonctionne sous tutelle du ministère des Sports.

Les financements publics ne transitent plus librement comme avant. Les équilibres institutionnels ont changé. Donc transformer Eto’o en héros antisystème permanent ne rend service à personne.

5- Aimer, c’est aussi dire la vérité

Oui, j’ai cru en lui. Oui, j’ai vu en lui un modèle de reconversion. Oui, j’ai pensé qu’il transformerait profondément la gouvernance du football.

Cinq ans après, je reste dans l’attente. Cela ne fait pas de moi un ennemi ni un hibou. Cela fait de moi un citoyen exigeant. On peut aimer un homme et exiger davantage de lui. On peut admirer son passé et questionner son présent.

En conclusion :

Je ne suis pas contre Samuel Eto’o. Je suis contre l’idolâtrie. Un pays avance quand ses leaders sont respectés… mais aussi évalués. Aimer aveuglément n’élève pas.

Interroger avec respect construit. Et si nous voulons un football fort, il faut accepter le débat. Même quand il dérange.

– Son entourage familial ne mène pas de croisade numérique.

Pourquoi ? Parce qu’un homme public n’a pas besoin de milices émotionnelles.

On peut aimer sans idolâtrer.

On peut soutenir sans insulter.

2- Il gère une institution publique, pas un fan-club

Samuel Eto’o est président de la Fecafoot. La Fecafoot n’est pas une entreprise privée. C’est une entité d’intérêt public. Donc oui :

👉 Nous avons un droit de regard.

👉 Nous avons un droit de critique.

👉 Nous avons un droit d’interpellation.

L’histoire du football camerounais nous rappelle une chose :

Des présidents de la Fecafoot ont déjà eu des démêlés judiciaires pour fautes de gestion.

 

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