Maurice Kamto : Si je suis président, Paul Biya n’ira pas en prison

Le leader du MRC  promet aux Camerounais qu’en cas de victoire  Paul Biya ne sera pas inquiété par la justice.

C’est avec une confiance affichée que Maurice Kamto, leader du MRC, a pris la parole samedi dernier à Paris devant une foule en liesse. À quatre mois de la présidentielle de 2025, le principal candidat de l’opposition semble engagé dans une opération de séduction pour renforcer sa popularité et affirmer sa crédibilité face aux Camerounais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Ce samedi 31 mai 2025, la Place de la République à Paris a été le théâtre d’un grand meeting organisé par le MRC. Devant plusieurs milliers de ses partisans, Maurice Kamto n’a pas hésité à faire une déclaration forte et symbolique. L’avocat-politicien a tenu des propos visant à rassurer le peuple camerounais et à calmer les éventuelles inquiétudes concernant le sort de l’actuel président Paul Biya, en poste depuis plus de 43 ans.

« Si je deviens président de la République je prends l’engagement solennel qu’il n’arrivera rien à Paul Biya ni à sa famille, je m’en porte garant », a déclaré Maurice Kamto. En clair,  l’ex Ministre devenu opposant n’entend pas poursuivre l’ancien chef d’État ou lui faire subir une quelconque forme de justice punitive une fois arrivé au pouvoir.

Rappelons que cette declaration n’est pas fortuite. Dans plusieurs dictatures en Afrique, il n’est pas rare que des dirigeants en place restent au pouvoir par peur de poursuites ou de représailles une fois leur règne terminé. La peur de devoir rendre compte de la gestion du pays, ou la crainte d’être poursuivi en justice, pousse souvent ces Chefs d’Etat à s’accrocher au pouvoir. Maurice Kamto, en prenant cet engagement, tente donc de dissiper toute inquiétude quant à la fin de mandat de Paul Biya, en affirmant qu’aucune sanction ou poursuite ne l’attendra s’il quitte le palais d’Etoudi.

Ce discours de la part du leader de l’opposition intervient également dans un contexte où la question de la justice et de la réconciliation nationale est au centre des préoccupations. En assurant que Biya ne sera pas poursuivi, Kamto tente de se positionner comme un homme de consensus, capable d’assurer une transition pacifique et d’éviter tout conflit post-électoral ou post-mandat.

Cette déclaration pourrait aussi être une stratégie pour renforcer sa crédibilité et rassurer les électeurs qui craignent des représailles ou des poursuites judiciaires en cas de changement de pouvoir. En affirmant que « tout se passera bien » pour Biya s’il quitte le pouvoir, Kamto se présente comme un homme de paix, prêt à ouvrir une nouvelle ère politique dans le pays.

Reste à voir si cette position, aussi audacieuse soit-elle, sera suivie d’effets concrets lors de la campagne électorale et si elle influencera favorablement le choix des électeurs. En tout cas, cette prise de parole à Paris confirme l’ambition de Maurice Kamto de jouer un rôle clé dans la future transition politique du Cameroun, tout en rassurant ses supporters et en affirmant sa volonté de bâtir un avenir où la justice et la stabilité seront au centre du projet politique.

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