Message d’un internaute à tous ceux qui se plaignent des papiers déchirés et de la fermeture de l’ambassade du Cameroun à Paris

Les papiers déchirés de l’ambassade du Cameroun à Paris et sa fermeture sont des dégâts collatéraux sans lesquels, HÉLAS, on ne peut rien faire contre le régime de Biya. Et il faut que chacun essaye de faire une introspection et déterminer AVEC précision quels sont ses objectifs.

Pour beaucoup (dont moi), il est que Biya et le RDPC quittent le pouvoir. Pas à tout prix. Pas au prix du sang versé. Par exemple, à titre personnel, je ne suis pas prêt à ce qu’on tue des gens pour faire partir Biya.

Par contre, bloquer une ambassade, bien sûr que ça a des conséquences sur les camerounais. Mais ça a aussi des conséquences sur le gouvernement camerounais (c’est complètement faux de dire que ça ne les gêne pas et demandez-vous pourquoi Biya n’est pas sorti du Cameroun depuis 4 mois) car ils savent que l’extérieur est miné par des activistes et qu’un pays ne peut pas fonctionner avec des ambassades fermées.

Autre chose : quand on est dans l’opposition, beaucoup de gens disent « Je suis d’accord avec vous mais pas d’accord avec l’ambassade ». Je demande à ces gens s’ils ont UN SEUL (pas 2) exemple dans l’histoire où on a affaibli un régime tyrannique de plus de 30 ans en ne créant aucun inconfort pour aucun citoyen.

Quand Mandela sabotait les trains pour lutter contre l’Apartheid, il y avait certainement des gens qui lui disait « Je suis d’accord avec ta lutte, mais saboter les trains va déranger les Noirs sudafricains qui doivent prendre le train ».

Quand Martin Luther King a mis en place le boycott total des bus pour protester contre la ségrégation, il entendait aussi des « Il n’a qu’à aller faire sa dans sa ville » ou aussi des « Il ne sait pas qu’en faisant ça, il risque de faire perdre du travail à tous nos frères noirs qui bossent dans la compagnie de BUS ».

Plus proche, en 1990 au Cameroun, grâce aux villes mortes, le peuple a forcé Biya à mettre en place le multipartisme. Et sachez bien que ceux qui ne faisaient pas les villes mortes étaient contraints par d’autres à le faire. On aurait pu dire « Oui mais ce sont les camerounais qui souffrent car la ville morte va leur faire perdre de l’argent ».

Quel est donc ce peuple qui veut avancer sans qu’il n’y ait jamais le moindre sacrifice à part les marcheurs pacifistes sur qui le gouvernement tire?

Quelle est cette manie de dire aux gens « Allez manifester au pays! » alors même que les gens manifestent à l’extérieur pour mettre la lumière sur les événements au pays parce que les frères du pays recoivent des balles quand ils marchent?

Ce qui s’est passé à l’ambassade est un cas d’école excellentissime, géniallissime de l’histoire de la désobéissance civile dans le monde. Un acte médiatique énorme qui met l’Etat camerounais en émoi sans avoir fait la moindre victime.

Si le prix à payer c’est l’ambassade fermée ou bloquée pendant quelques jours, si ce prix vous semble trop lourd ou trop injuste, pensez à nos frères anglos qui dorment en brousse ou en qui meurent chaque jour dans le NOSO à cause de cet État relativisera peut-être un peu cette histoire d’ambassade.

© Par Waddle/Bonaberi.com

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

Le diocèse de Kribi est en émoi. Un pick-up Toyota, affecté au service Justice et Paix, a mystérieusement disparu du presbytère de Dombè dans la

Le délibéré sur l’accès complet au dossier de procédure dans l’affaire Martinez Zogo est reporté au 9 juillet prochain. La Cour suprême, invoquant l’absence de

Dans cette tribune tirée de la page Royaumes-Unis Bamiléké, United Bamileke Kingdoms, il met en exergue le débat qui fait la une actuellement dans l’opinion

Après les inondations du 4 juin dernier qui ont paralysé le centre-ville de Yaoundé, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain est montée au

Lors de l’ouverture de la session ordinaire du Sénat ce 9 juin 2026, le président de la chambre haute a exigé une réponse gouvernementale implacable

Après deux ans passés derrière les barreaux de la prison principale de Dschang, Christian Foulefack a recouvré la liberté. Ce mardi 9 juin 2026, le