Le prélat alerte sur les neuf fléaux qui minent le Cameroun.
Dans une lettre pastorale datée du 8 août 2025, l’archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel Kleda, dresse un constat cru sur l’état socio-politique du Cameroun. À l’approche de l’élection présidentielle, l’homme de Dieu évoque un « malaise » profond qui nourrit le mécontentement des citoyens et identifie neuf maux majeurs : mauvaise gouvernance et corruption, démocratie dévoyée, pauvreté et chômage, immigration clandestine, délabrement des routes, accès difficile à l’eau et à l’électricité, gestion opaque du pétrole, injustices dans l’exploitation minière, ainsi que crises anglophone et sécuritaire à l’Extrême-Nord.
Concernant la gouvernance des ressources, l’ archevêque de Douala dénonce une gestion du pétrole « comme une affaire de famille ou de clan », dominée par l’opacité et la captation des revenus par une minorité. Il rappelle que l’or de l’Est, exploité depuis plus de 80 ans, n’a apporté que misère aux populations locales, gangrené par des réseaux de prédation et de corruption impliquant de hauts responsables.
Sur la corruption et la pauvreté, le prélat fustige un État paralysé par le détournement des richesses et le train de vie extravagant des dirigeants, tandis que 40 % des Camerounais survivent avec à peine 813 FCFA par jour. Le chômage des jeunes, estimé à 74 %, alimente l’immigration clandestine et expose de nombreux candidats à l’exil aux dangers du désert et de la Méditerranée.
Président de la conférence épiscopale du Cameroun, Mgr Kleda critique également une démocratie affaiblie par les intimidations, le manque de transparence et les élections aux résultats prévisibles, dénonçant une validation arbitraire des candidatures.





