Jean De Dieu Momo sonne l’alerte dans le camp présidentiel.
À moins d’un mois de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, l’ambiance se tend même dans le camp du pouvoir. Jean De Dieu Momo, président du PADDEC et ministre délégué auprès du ministre de la Justice, a exprimé ses inquiétudes lors de son passage ce 12 septembre sur le plateau de l’émission « Décryptage » diffusée sur Vision 4.
« Les partisans de Paul Biya ont déjà gagné dans leur tête »
Soutien indéfectible du chef de l’État depuis la présidentielle de 2018, Momo n’a pas caché son malaise face à ce qu’il considère comme un excès de confiance :
« Les partisans du chef de l’État me donnent l’impression d’avoir déjà gagné cette élection », a-t-il déclaré.
Selon lui, certains militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) se comportent comme si la victoire était acquise et vont jusqu’à « distribuer les postes », alors que rien n’a encore été décidé par les urnes.
Une élection annoncée comme la plus difficile
Membre actif du G20 – devenu G35 – plateforme regroupant les partis alliés au RDPC, Jean De Dieu Momo met en garde contre tout triomphalisme prématuré :
« Cette élection de 2025 sera la plus difficile », a-t-il averti, appelant à une mobilisation sérieuse et à une prudence stratégique pour éviter toute surprise.
La menace d’une opposition unie
Jean De Dieu Momo a également exprimé des craintes sur le plan stratégique :
L’ancien opposant pense que si Issa Tchiroma Bakari du FSNC et Bello Bouba Maïgari de l’UNDP se réunissent, cela pourrait mettre à mal le camp présidentiel. Mais surtout si Maurice Kamto, bien qu’écarté de la course, donne une consigne de vote, l’équilibre pourrait basculer.
Pour le ministre délégué, une coalition de l’opposition pourrait constituer une véritable menace et obliger le camp présidentiel à redoubler d’efforts pour convaincre les électeurs.
Entre loyauté et frustration
Celui qui a fait son entrée au gouvernement en remplaçant Maurice Kamto, désormais farouche opposant à Paul Biya, confie également ressentir un certain isolement au sein du camp présidentiel :
« Les partisans de Paul Biya disent qu’on m’a déjà récompensé, que je dois dégager », a-t-il déploré.
Pour Momo, cette posture est injuste :
« Je suis maître de mon parti politique. Je crois qu’on doit tordre le cou à cette affaire de droit de réserve », a-t-il martelé, laissant entendre qu’il n’entend pas se laisser museler dans le débat public.





