Dans une sortie, l’historien tout en décriant la mort de l’homme politique, accuse le régime en place d’en être le principal coupable.
CAMEROUN – CONCERNANT LE MEURTRE PAR ASPHYXIE D’ANICET EKANE
Nous apprenons avec une profonde douleur le décès, en détention, d’Anicet EKANE.
Victime d’un enlèvement par les forces de répression alors qu’il souffrait de pathologies chroniques, il était arbitrairement détenu par des sicaires du régime au pouvoir au Cameroun, au lendemain d’une élection truquée visant à reconduire Monsieur Paul Biya (93 ans) à la tête de l’Etat pour une durée de 7 années supplémentaires.
De manière sadique et délibérée, les tueurs du régime l’ont petit à petit asphyxié en le privant des outils médicaux dont il avait besoin pour son oxygénation.
Anicet EKANE était une figure majeure des luttes pour l’émancipation africaine. Dans le cas du Cameroun, ces luttes avaient été menées par l’UPC (Union des Populations du Cameroun) au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.
D’abord dirigées contre le système colonial (1948-1960), elles visent, depuis l’indépendance, le démantèlement de l’un des régimes les plus crapuleux installés par la France en Afrique au détour de la décolonisation de façade des années 1960.
Depuis les années 1980, Anicet EKANE aura contribué avec courage et détermination au combat pour la démocratie et la fin de la tyrannie au Cameroun. Sur ce chemin, il aura connu maintes épreuves, l’exil et la prison y compris. Aucune d’elles n’aura eu raison de sa foi.
Son nom vient s’ajouter à la longue liste des martyrs et combattants du peuple camerounais – Ruben UM NYOBE, Felix MOUMIE, Abel KINGUE, Osende AFANA, Ernest OUANDIE etc… etc… etc … Il figure par ailleurs en bonne place sur le chemin de Golgotha qu’auront représente les 43 années de tyrannie sous l’ère-Biya: Engelbert Mveng, Mgr Balla, Zogo, la liste est longue.
Sa mort n’est pas naturelle. Elle est politique et doit être imputée à un régime sadique, honni par une très grande partie de la population. Désavoué et rejeté pacifiquement par les urnes au mois d’octobre, il a choisi de violer la voix des urnes et, quitte à tout brûler, de confisquer le pouvoir.
Pres d’une cinquantaine de personnes ont ainsi été tuées depuis Octobre. Près d’un millier ont fait l’objet d’enlèvements ou croupissent dans divers centres de détention. C’est notamment le cas de DJEUKAM TCHAMENI, du Professeur ABA OYONO et avant lui, Alain FOGUE et plusieurs autres incarcérés depuis bientôt près d’une dizaine d’années !
Le régime est objectivement irréformable et le cycle funeste, manifestement, s’accélère ! Tot ou tard, les Camerounais qui veulent se libérer devront choisir. Ou se battre. Ou ramper. Nul n’effectuera ce choix – et le prix qu’il implique – a leur place.





