Okala Ebodé rejette toute dérogation permettant le retour de Kamto au sein du parti.
La tension monte au sein du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Dans un long document juridique rendu public, Okala Ebodé Joseph Thierry, membre fondateur du parti et secrétaire national à la réforme, démontre avec précision et fermeté que le retour de Maurice Kamto à la tête du MRC est impossible, aussi bien sur le plan statutaire que politique.
Selon Okala Ebodé, la démission de Maurice Kamto, constatée le 25 juin 2025, entraîne automatiquement la perte de la qualité de membre et l’extinction de tous les droits qui y sont attachés. Conformément à l’article 19 des Statuts, son ancienneté militante repart donc à zéro dès cette date.
Or, l’article 29 exige pour tout candidat à un poste électif trois années continues de militantisme sans interruption, à jour de cotisations. Même dans l’hypothèse d’une réadhésion immédiate, Maurice Kamto ne peut justifier que de quelques mois d’ancienneté. Pour Okala Ebodé, cela rend sa candidature à la Convention du 29 novembre totalement irrecevable et contraire aux textes.
L’autre point central avancé est que la Convention nationale ne peut ni annuler une démission, ni rétablir les droits d’un militant démissionnaire. Elle a pour seule mission d’élire, non de réintégrer ou de créer des dérogations personnelles. Selon Okala Ebodé, toute tentative de contourner cette règle constituerait une rupture grave des statuts et ouvrirait la voie à des passe-droits dangereux pour la discipline interne.
L’argument selon lequel Maurice Kamto serait membre fondateur est également rejeté. Okala Ebodé rappelle que ce statut doit être prouvé par une pièce officielle, notamment un procès-verbal déposé au ministère chargé des partis politiques. À ce jour, aucun document authentifiable ne permettrait à Kamto de bénéficier de la dispense prévue pour les fondateurs. Sans preuve, il retombe automatiquement sous les conditions de droit commun, notamment l’exigence des trois années continues.
Au-delà des aspects juridiques, Okala Ebodé estime qu’un retour de Maurice Kamto serait une faute stratégique. Pour lui, cela minerait la cohésion interne, briserait la parole donnée par Kamto lors de sa déclaration à Odza et fragiliserait la transition générationnelle que réclament plusieurs cadres du parti. Selon lui, le MRC doit désormais aller vers une alternance assumée, lisible et conforme aux règles internes afin de préparer l’échéance de 2026.
Pour conclure, Okala Ebodé propose une issue honorable consistant à accorder à Maurice Kamto le statut prévu pour les anciens présidents par l’article 51, tout en laissant place à un passage de témoin clair et irréversible. À ses yeux, c’est la seule solution crédible pour préserver la stabilité du parti et protéger son futur.





