Opinion : la présidentielle camerounaise en vote sanction?

Pour le journaliste Bouba Kaela, l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, est clairement une sanction de la population contre le parti aux affaires depuis 43 ans.

Ce que nous observons au Cameroun  s’inscrit dans une dynamique plus large : la sanction des partis au pouvoir lors des élections, phénomène récurrent dans de nombreux pays aujourd’hui.

À la lecture des premiers résultats des bureaux de vote, cette tendance semble se confirmer. Mais au-delà du verdict électoral, c’est un signal profond que la société envoie — un cri silencieux, mais puissant, porté par plusieurs transformations majeures :

Une conjoncture sociale et économique étouffante

  • La vie chère, le chômage endémique, et la précarité généralisée nourrissent un sentiment d’abandon.
  • Les Camerounais ne réclament pas des miracles, mais des conditions de vie dignes et stables.

Une révolution numérique silencieuse

  • La montée en puissance des TICs, notamment du téléphone mobile et de l’internet, a brisé le monopole de l’information.
  • Les citoyens s’informent, se mobilisent, et déconstruisent les narratifs officiels.

Une démographie en ébullition

  • Avec plus de 60 % de la population âgée de moins de 24 ans, le pays est jeune, impatient, et en quête de sens.
  • Cette jeunesse, connectée et lucide, ne se contente plus de promesses creuses.

Une urbanisation accélérée

  • Plus de la moitié des Camerounais vivent désormais en milieu urbain, exposés à des réalités contrastées : modernité et misère, espoir et frustration.
  • Les villes deviennent des laboratoires de contestation et de réinvention politique.

Une jeunesse en exil intérieur et extérieur

  • Faute d’horizon, l’exil devient une stratégie de survie.
  • Le départ n’est pas un choix, mais une fuite devant l’impasse.

Une gouvernance déconnectée

  • L’arrogance, l’impunité et le mépris de certains dirigeants creusent un fossé irréversible entre le pouvoir et le peuple.
  • Le sentiment d’otage devient collectif, et la rupture devient inévitable.

Ce moment électoral est plus qu’un scrutin : c’est un miroir tendu à la nation. Et si nous savons lire entre les lignes, nous verrons que le changement ne vient pas des urnes, mais des consciences qui s’éveillent.

NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de 237actu.com

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