Dans un communiqué publié le 3 novembre 2025, Mamadou Mota, président par intérim du MRC, dénonce la répression violente et les arrestations arbitraires qui secouent le Cameroun après la présidentielle.
L’opposant évoque plus de 30 morts et accuse le régime d’entretenir un tribalisme d’État et de confisquer le pouvoir par la force.
Mamadou Mota réclame une commission d’enquête internationale indépendante et la libération immédiate de tous les détenus politiques.
Communiqué : Halte aux arrestations arbitraires et au tribalisme d’État au Cameroun !
Maroua, le 3 novembre 2025
Face à la négation cynique de la légalité et à l’usage systématique de la violence qui ravagent le Cameroun, nous élevons une voix d’indignation et d’exigence. La crise postélectorale, marquée par plus de 30 morts et une vague d’arrestations arbitraires au faciès, dévoile l’entêtement funeste d’un régime résolu à confisquer le pouvoir, barrant la route à toute perspective de transition pacifique.
Le pouvoir en place, drapé dans l’arrogance d’une longévité contestée, persiste à gérer la République non pas avec l’aptitude à désamorcer une crise sans effusion de sang, mais avec l’inadaptation des menaces et l’émission de décibels et de proverbes saugrenus de certains ministres, semblant s’adresser à des enfants turbulents plutôt qu’à un peuple souverain.
Ce simulacre d’autorité se traduit par des arrestations ciblées qui ne sont rien d’autre que des expéditions punitives, aggravant le fléau endémique du tribalisme d’État. Ces pratiques ne font que souligner l’échec cuisant du régime à construire une nation unie, préférant l’instrumentalisation des divisions pour sa propre survie politique.
La mort de plus de 30 citoyens, conséquence directe de l’usage excessif et souvent létal de la force contre des manifestations majoritairement pacifiques, constitue une atteinte intolérable aux droits fondamentaux, y compris le droit à la vie et à la liberté de réunion. Ces actes, dignes des heures les plus sombres, ne sauraient rester impunis sous le voile d’une prétendue « stabilité » que le régime s’emploie lui-même à démolir.
À la manière de Maître Jacques Vergès, nous affirmons : face à la force brute, l’argumentaire de la justice et du droit est la seule arme qui vaille. La gestion d’une République n’est pas la compétence à brandir l’intimidation, mais l’art de garantir la sécurité et la dignité de tous.
Nous nous adressons solennellement à la Communauté Internationale (Nations Unies, Union Africaine, Union Européenne, France, États-Unis, etc.) : le temps de la simple « préoccupation » est révolu.
Nous exigeons des sanctions ciblées et immédiates à l’encontre des responsables de ces violations graves des droits humains, des instigateurs du tribalisme d’État et de ceux qui ordonnent les arrestations arbitraires.
Nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et impartiale sur les violences postélectorales et les décès survenus.
Nous réclamons la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leurs droits civiques et politiques.
Le silence face à l’injustice est une complicité. L’inaction face à la confiscation du pouvoir par la violence est un chèque en blanc donné à la tyrannie. Que l’on ne vienne pas pleurer demain sur les ruines d’un pays que l’on aura laissé sombrer par peur de dénoncer les bourreaux d’aujourd’hui. L’histoire jugera !
Mamadou Mota





